À la visite du shaykh al-Azhar au Vatican l’an passé va répondre, ce vendredi, le déplacement du pape à al-Azhar, le premier depuis le passage de Jean-Paul II en 2000.

Cour intérieure de la mosquée et de l'université al-Azhar
Cour intérieure de la mosquée et de l'université al-Azhar © Getty / Heritage Images

Les attentats contre la cathédrale copte d’Alexandrie n’ont pas suffi à annuler ce voyage important qui se fait d’ailleurs aussi à l’invitation du maréchal Sissi, des évêques des micro-Eglises catholiques et du pape copte. François fait venir de son côté le patriarche orthodoxe de Constantinople.

Cette rencontre au sommet qui permettra davantage d’images que d’approfondissements, est conçue pour améliorer la position centrale d’al-Azhar comme lieu de référence et de consultation pour toute la communauté sunnite.

En amenant dans la noble enceinte des responsables venus d’une Europe qu’il est devenu habituel de maudire, la rencontre risque aussi de donner du grain à moudre aux nombreuses critiques contre al-Azhar. Son shaykh se retrouve en effet dans une situation acrobatique, contesté de l’intérieur par les querelles d’écoles et bordé de très près, à l’extérieur, par le maréchal Sissi, chef d’un État liberticide qui lui demande pourtant un « renouveau conscient et responsable ». Al-Tayyib peut difficilement indiquer clairement la direction qu’il s’est peut-être fixée, il marche sur un fil entre ceux qu’il nomme les extrémistes et ceux qu’il appelle les laxistes, et son premier souci est de ne pas trébucher.

Le site de l'Institut du Pluralisme Religieux et de l'Athéisme (IPRA), dirigé par Dominique Avon et John Tolan

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