Une vieille scie qui fait toujours son effet. Gérard Collomb reprenait récemment la rengaine à la tribune : entre Athènes l'humaniste et Sparte la militariste, le choix des modernes est vite fait. Georges Brassens le justifiait déjà : « Je sais que les guerriers de Sparte ne plantaient pas leurs épées dans l'eau »

Statue de Leonidas sur le monument célébrant la bataille des Thermopyles qui a eu lieu pendant la guerre gréco-perse de 480 av
Statue de Leonidas sur le monument célébrant la bataille des Thermopyles qui a eu lieu pendant la guerre gréco-perse de 480 av © Getty / Education Images

Athènes a eu ses raisons de ne pas aimer Sparte : à la fin du Ve siècle avant notre ère, elle perdit la guerre du Péloponnèse et son empire au profit d’une Sparte qui, très douée pour se saisir des opportunités, exerça l’hégémonie pendant une génération.

Mais auparavant, c’est à Sparte que les Grecs avaient dû leur survie face aux Perses : on se souvient peut-être de la deuxième guerre médique, des hauts faits du roi spartiate Leonidas aux Thermopyles et de la victoire de Platées. La Grèce est à bien des égards redevable à la vocation guerrière que s’était fixée Sparte. 

Et Sparte était une cité grecque, peuplée de Grecs de Grèce, régie par des institutions singulières mais d’essence grecque.

Ceux qui, plus tard, ont refabriqué le passé de la cité - qui pour justifier la Terreur de 1794, qui pour prôner l’eugénisme nazi - ont entretenu un mirage spartiate. Tous, d’ailleurs, sans avoir de pareilles intentions, nous sommes enclins à  nous servir de Sparte comme d’un réservoir d’anecdotes morales.

Comment résister à celle-ci ? Il était une fois un spartiate à qui l’assemblée venait de refuser l’accès à une fonction supérieure. Eh bien, comment a-t-il réagi ? Il s’est réjoui : « Quelle belle cité, tout de même, que celle qui peut compter 300 hommes supérieurs à moi ? »

Tentons de rester en deçà de la légende, d’aller au-delà de l’anecdote. C’est paradoxalement plus facile maintenant qu’on enseigne de moins en moins l’Antiquité !

Programmation musicale : "Les enfants de Sparte" de Lajos Bardos (par le Chœur de chambre de Pecs)

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