Nul n'a eu autant d'influence sur l'Histoire en France que Fernand Braudel, le "pape de l'Histoire". Comment une telle stature a-t-elle été forgée ?

Fernand Braudel en 1984
Fernand Braudel en 1984 © Getty / Sergio Gaudenti

La première partie de la vie de Braudel a été tout sauf linéaire : l’enseignement loin des universitaires parisiens, en Algérie, au Brésil puis six ans de guerre et de captivité. Le seconde s’est déroulée dans la capitale où, couvert d’honneurs, « empaillé vivant », disait-il, il avait créé un véritable imperium sur les sciences humaines de son temps.

Mais s’il faut trouver une unité dans cette existence, elle est créée, à l’évidence, par le goût de la Méditerranée, découverte en 1923,  à 21 ans, quand il part rejoindre son premier poste de professeur d’histoire à Constantine.

Dans ces années 1920, il dépose un premier sujet de thèse : Philippe II, le roi du second XVIème siècle, l’Espagne et la Méditerranée. Et puis, quelque temps plus tard, le sujet s’infléchit. Beaucoup plus excitante que la personnalité austère du roi taciturne, il y a la mer, toute la mer. Une fantasmagorie de couleurs, de paysages, d’hommes, de grands évènements et de petites anecdotes qu’il tente de ressusciter comme un peintre  un paysage, avec son cadre d’ensemble et  ses détails qui ont tant d’importance.

La thèse ne put être soutenue qu’après la fin de la guerre, en 1947. Ernest Labrousse, pionnier de l’histoire économique, dit que la soutenance fut une commotion. Mais depuis longtemps, Lucien Febvre, le co-fondateur, avait compris qu’il avait affaire non pas à un bon historien mais à un grand historien, large, lucide, soucieux d’une écriture exacte et en même temps doué d’imagination d’imagination.

Bibliographie :

Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Armand Colin, 1966

Giuliana Gemelli, Fernand Braudel, Odile Jacob, 1995

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