Le directeur de l’APHP et la ministre de la Santé disent aujourd’hui que le système hospitalier français serait à bout de souffle. Mais de quel système parle-t-on ?

Sans doute pas de celui voulu par le professeur Debré, décédé en 1978. C’est après sa mort qu’à partir des années  80, la logique de l’entreprise s’est peu à peu étendue jusqu’à l’hôpital public. Il a paru alors économiquement risqué  d’en laisser la gestion aux seuls médecins qui pousseraient nécessairement à la dépense. La greffe de dispositifs issus du privé a provoqué de la part du personnel médical une série de rejets. 

Quel est encore le sens de ce que nous faisons ?  Tandis que les gestionnaires interrogent  : où en serait-on si on n’avait pas quantifié, chronométré, standardisé ? 

Les solutions nouvelles ne sont jamais les dernières. Et le retour aux sources est toujours vivifiant. Bien que témoignant d’une époque à bien des égards révolue, l’enseignement de Robert Debré n’est pas caduc.

C’était une grande figure de la pédiatrie, un grand patron au sens traditionnel, presque « romain », du mot.

En 1958, il pilote une réforme fondamentale. Grâce à lui, les enseignants de l’Université et les praticiens de l’hôpital exercent dorénavant la même profession ; leurs salaires évoluent en conséquence mais ils exerceront à temps plein dans les CHU, centres hospitaliers universitaires où se pratiquent le soin, l’enseignement et la recherche. Le maintien de quelques lits privés n’est qu’une concession. A terme, pour Robert Debré, les hôpitaux dans leur ensemble, chacun dans sa ville, deviendront non plus seulement des centres destinés à la santé troublée mais des centres de santé publique avec un rôle de prévention où chacun sera appelé à se rendre à maintes reprises dans sa vie. En somme, l’égalisation mais par le haut.

Il est arrivé qu’on compare les principes de cette réforme avec ceux de la Constitution que Michel, le fils de Robert, mettait en place au même moment. Ils méritent peut-être la même considération.

Programmation musicale : La Loire de Serge Reggiani

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