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Arrivée du sultan Abdülmecid 1er à la mosquée Nusretiye à Istanbul en 1842
Arrivée du sultan Abdülmecid 1er à la mosquée Nusretiye à Istanbul en 1842 © Getty / Heritage Images

A la fin du XVIIIème, le gouvernement impérial – le Divan – est conscient de la nécessité pour l’Empire de jouer de nouveau un rôle international. Les puissances du reste de l’Europe, à commencer par la Russie, particulièrement agressive, l’y poussent. Mais joue aussi la fierté musulmane – une énergie venue de l’intérieur donc.

La modernisation est nécessaire. Trésor Public ottoman est par nature exsangue et l’armée des janissaires rebelle. Le sultan Muhmad II programme donc l’éradication  de ceux-ci. C’est chose faite en 1826 : 120 000 morts pour un corps composé de 140 000 personnes !

La transformation de l’armée est la clé qui ouvre la porte à d’autres réformes : elles se succèderont en rafale depuis le rescrit de la Maison des Roses de 1839 jusqu’à celui de 1856. Mais c’est aussi un verrou. La conscription militaire, rendue nécessaire par l’abolition des janissaires, est très mal vécue. Les populations musulmanes qui y sont soumises accusent les non musulmans d’en être dispensés et les révoltes qui éclatent un peu partout la rendent quasi perpétuelle.

La période des réformes apparaît cependant comme un succès relatif quand la victoire partagée des Ottomans dans la guerre de Crimée – 1854-1856 – leur redonne un billet d’entrée dans le concert européen.

La Constitution rédigée en 1876 et la convocation d’un Parlement auraient pu couronner la période ce long moment si elles n’étaient avaient pas été contemporaines de catastrophes de toutes sortes : banqueroute financière,  révoltes balkaniques, nouvelle guerre – perdue cette fois- contre la Russie.

La conférence de Berlin en 1878 entérine la perte de nouveaux territoires et de plus de cinq millions de sujets. Le sultan Abdulhamid II revient sur l’état de droit tel qu’il était en train de mûrir. Il décrète l’état d’urgence pour l’empire et choisira tous les moyens pour le maintenir. Il parviendra à régner 33 ans puis ce sera le début de la fin.

Bibliographie :

  • L'Empire ottoman au XIXe siècle de Odile Moreau (Armand Colin).
  • L'Empire ottoman à l'âge des réformes. Les hommes et les idées du "Nouvel Ordre" militaire 1826-1914 de Odile Moreau (Institut français d’études anatoliennes).
  • Réforme de l'Etat et réformismes au Maghreb (XIXe-XXe siècles), sous la direction de Odile Moreau (L’Harmattan).
  • Dictionnaire de l'Empire Ottoman par François Georgeon, Nicolas Vatin, Gilles Veinstein, Elisabetta Borromeo, Collectif (Fayard).

Revue Historia, numéro spécial Le règne flamboyant de Soliman le Magnifique.

Les invités
  • Odile MoreauMaîtresse de conférences HDR à l'université Paul-Valéry Montpellier III
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