Statue d'Ibn Khaldoun sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis en 2007
Statue d'Ibn Khaldoun sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis en 2007 © cc / Kassus

Peu après 1 400, il termina son parcours d’homme d’action dans un face-à-face avec Tamerlan, l’incarnation de la force brutale. Il l’avait commencé au temps de la Grande Peste. Cherchant toujours au service de quelle puissance il aurait pu jouer un rôle à sa mesure, il avait survécu au sombre et tumultueux XIVe siècle au prix de mille aventures et traverses.

Écrivant à la lumière de cette expérience, il se demanda pourquoi les aiguilles de l’horloge tournaient si vite. Comment les pouvoirs surgissaient-ils, arrivaient-ils à épanouissement, puis s’auto-détruisaient-ils, comme un corps vivant miné par la sénilité ? Ses ouvrages qui cherchent à constituer une histoire universelle fondent en réalité une science de la société et de la civilisation.

Les intellectuels arabes apprécient en Ibn Khaldoun le penseur antérieur, celui qui a précédé dans la recherche l’Occident. L’Occident, après l’avoir comparé à Machiavel, Montesquieu, Hegel, le considère maintenant avec moins de tranquillité. La société enveloppée de certitudes, oublieuse de la violence qui l’a fondée et désarmée devant les forces venues des périphéries, n’est-ce pas notre Europe d’aujourd’hui ? La lecture d’Ibn Khaldoun est plus utile que jamais. Mélancolique, certainement, à moins qu’elle ne soit roborative.

Les liens

Ibn Khaldoun un historien arabe au Moyen Age Les chemins de mémoire : "Ibn Khaldoun un historien arabe au Moyen Age" réalisé par Colette Djidou.  

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.