Dans les derniers jours de 1956, en dépit de la répression de la révolution hongroise par l’Armée rouge, Montand et Signoret s’étaient résolus à partir pour une longue tournée...

Le chanteur Yves Montand et sa femme, l'actrice Simone Signoret, font une promenade en traîneau dans les rues de Moscou, le 5 janvier 1957, lors de leur tournée en URSS.
Le chanteur Yves Montand et sa femme, l'actrice Simone Signoret, font une promenade en traîneau dans les rues de Moscou, le 5 janvier 1957, lors de leur tournée en URSS. © AFP / INTERCONTINENTALE

Dans les derniers jours de 1956, en dépit de la répression de la révolution hongroise par l’Armée rouge, Montand et Signoret s’étaient résolus à partir pour une longue tournée décidée de longue date dans les pays de l’Est. A l’issue du premier récital en présence des officiels, Khrouchtchev, l’homme fort du Kremlin, avait retenu le couple pour une nuit de discussions et de libations que Simone raconta dans un morceau de bravoure de son livre, « La nostalgie n’est plus ce qu’elle était »…

Autour de la table, on évoqua la réalité des camps en URSS, les faux-semblants des démocraties populaires. Un moment, Montand dit : « Mais nous deux vivons bien à l’Ouest, nous avons un appartement à Paris, la « Roulotte » et, à la campagne, une belle maison. » Dans la conversation du couple, Autheuil n’était jamais loin.

C’était pour Montand le théâtre de ses farces et attrapes. Pour Simone, hôtesse incomparable dès lors qu’elle avait radiographié ses invités jusqu’à l’os, le lieu de rassemblement de son caravansérail. José Artur, qui était un habitué, disait : « C’est une maison où, s’il pleut, c’est dehors ».

« Si on la cambriolait, ajoutait-il, on y volerait plus de souvenirs que d’objets de valeur ». Le jour est venu, trente-deux après la mort de Simone- à Autheuil précisément – de la dispersion.

Pêle-mêle, on vend les colifichets rapportés d’URSS en 1956 et la lettre de félicitations de Tito après la parution de « La nostalgie » : les saint-sulpiceries orthodoxes d’un côté, l’autographe du traître yougoslave de l’autre. D’un côté, le dossier d’une chanson, Paris-Moscou, que le député communiste Florimond Bonte lui avait écrite et qui s’appelait « Paris-Moscou » et, de l’autre, les témoignages de l’amitié avec Jorge Semprun et Artur London qui libérèrent des liens avec le Parti.

On n’imagine plus aujourd’hui l’importance qu’eut le couple dans l’imaginaire des Français. Sa mutation politique dans les années 1970-1980 accompagna et accéléra le dégel des idéologies dominantes de gauche et de droite. Dégel dont on dit aujourd’hui qu’il est aujourd’hui débâcle.

Site de Digard Auction (catalogue de la vente aux enchères des objets de la maison d'Autheuil)

Chanson La marie Vison de Yves Montand

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