La sortie de l'usine F. Ducharne à Neuville-sur-Saône en 1930
La sortie de l'usine F. Ducharne à Neuville-sur-Saône en 1930 © domaine public / Bibliothèque Municipale de Lyon

Au début du millénaire, Monsieur Tchuruk, président d’Alcatel, avait fait miroiter un avenir fait d’industries sans usines. Il était encore plus moderne de le dire en anglais : fabless fab. On sait ce qu’il est advenu de la prédiction. Aujourd’hui, les vents se sont retournés. D’abord, on constate que la perte de la compétence manufacturière entraîne celle de l’innovation. Qui plus est, en temps de fragilité de l’euro et de déficit budgétaire, les bilans successifs de la balance commerciale prennent de plus en plus d’importance: or les produits industriels y tiennent une part déterminante qu’il faut renforcer. D’autres chiffres alimentent l’inquiétude : dans l’ensemble de l’Union européenne, la part de l’industrie dans le PIB est à la baisse, les capitaux se dirigeant vers les pays émergents, mais quelques pays se distinguent par un affaiblissement particulièrement accentué : la France en est. En Allemagne, le glissement est mieux maîtrisé : depuis 2000, -1,4% contre – 5% dans notre pays.

Cependant, il faut savoir que ces chiffres qui échauffent les polémistes sont sensés mesurer le secteur manufacturier. Mais, aujourd’hui, quelles sont précisément les limites de celui-ci ? Ainsi, Emmanuel Macron veut accompagner neuf « solutions » esquissées par les entrepreneurs eux-mêmes, elles se nomment par exemple « médecine du futur » ou « nouveaux aliments » : il s’agit de promouvoir notamment vers l’exportation des produits ET des services. Où est la frontière des produits manufacturés et des services quand une entreprise propose les uns et les autres et que dans son fonctionnement propre, elle a externalisé des activités d’entretien, de recherche et qu’elle emploie dans sa fabrication manufacturière des ouvriers intérimaires : tous ces contributeurs à l’industrie apparaissent dans la catégorie « services ».

Ah, où est le temps où on pouvait s’appuyer sur des vrais chiffres ?

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