Le règne de Louis XVI s'ouvre à peine que ce ne sont pas des trous mais, à deux reprises, dans un fracas épouvantable, des gouffres qui s'ouvrent sur l'axe premier de la capitale. Des rangées de maisons sont comme aspirées par en dessous. Encore un peu et des propriétés royales auraient disparu.

Autoportrait de Nadar dans les Catacombes en 1861
Autoportrait de Nadar dans les Catacombes en 1861 © domaine public

Un homme est appelé qui va retenir Paris au bord de l'abîme. "Sans son grand art, l'immense ville et ses palais de pierre seraient tombés au gouffre où ils sont nés".

Un peu plus tard dans le règne, c'est le cimetière des Innocents qui dégorge, les cadavres trop nombreux qui percent un mur de soutènement et menacent de remonter du sol! Le même homme intervient. Pendant quinze mois, une procession quotidienne de tombereaux va transporter les restes des morts qu'on a exhumés jusqu'à un ossuaire créé pour la circonstance et qu'on appelle dorénavant les catacombes.

Les vivants prennent conscience que les disparus sont plus nombreux qu'eux. Une conscience fugitive. Qui se souvient aujourd'hui de celui qui, au XVIIIe, conçut les galeries des anciennes carrières, longues maintenant de quelque 250 kms? Ou de celui qui, plus tard, rationalisera le réseau des égouts, aujourd'hui dix fois plus long? Le destin des maîtres qui ont régi la vie souterraine est sans doute d'y rester enfermé.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.