En octobre 1971, les Communes, après les Lords, votent l’entrée de la Grande Bretagne dans la Communauté européenne. Par deux fois auparavant, le général de Gaulle avait fait rempart.

Manifestation contre l'entrée du Royaume-Uni dans le CEE en lanvier 1972
Manifestation contre l'entrée du Royaume-Uni dans le CEE en lanvier 1972 © Getty / Express

En octobre 1971, les Communes, après les Lords, votent l’entrée de la Grande Bretagne dans la Communauté européenne. Par deux fois auparavant, le général de Gaulle avait fait rempart. Cette fois, le président Pompidou, irrité par le dialogue difficile avec le chancelier allemand Willy Brandt, avait décidé de tirer parti de la présence au 10 Downing Street d’Edward Heath, un conservateur francophile en qui il avait confiance : la construction européenne tient aussi à ce genre d’opportunité. Plus durablement, le président français attendait que la Grand Bretagne agît comme un balancier entre l’Allemagne et la France. 

Le 22 janvier 1972, l’acte d’élargissement est signé et il entre en vigueur le 1er janvier 1973. Il concernait à l’origine trois autres pays que la Grande Bretagne : l’Irlande, le Danemark et la Norvège. Mais celle-ci fit défaut après un référendum en septembre 1972. On passa donc de six à neuf …

Le vote des parlementaires reflétait-il le taux d’adhésion des britanniques ? Jean Monnet, le pionnier du transfert des pouvoirs nationaux à la Communauté, émettait lui-même un doute. Il observait :

Quand vous demandez à un anglais : croyez-vous que votre pays doit entrer dans la Communauté, il vous répond spontanément non. En revanche, quand vous lui demandez s’il croit que son pays entrera dans la Communauté, il vous répond oui.

L’entrée de la Grande Bretagne reposait sur un double pari. On espérait, d’une part, que les successeurs d’Edward Heath manifesteraient la même bonne volonté que lui. Et on comptait, d’autre part, que l’opinion britannique serait peu à peu emportée par une force mobilisatrice. En 1975, le travailliste Harold Wilson sembla fournir la preuve. Il convoqua le premier référendum de l’Histoire du pays : « Voulez-vous rester ? » demandait-il. Le résultat fut net : 67% de oui. Mais était-il si clair? Une fracture déterminée par l’Europe s’était déjà ouverte à l’intérieur de chaque camp, travailliste et conservateur, qui ne cesse depuis de rejouer et qui contribue grandement à laisser les britanniques dans l’hésitation.

CVCE, un site de l'Université du Luxembourg sur le processus de la construction européenne.

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