Affiche du fil Le chanteur de jazz 1927
Affiche du fil Le chanteur de jazz 1927 © Stef48 / Stef48

C'était le zénith du cinéma muet. Le silence était d'or, aurait dit René Clair. Dans The Artist , actuellement sur les écrans, le réalisateur Michel Hazanavicius et l'acteur Jean Dujardin viennent de tenter une immersion dans l'atmosphère du milieu des années 1920 : le système de représentations, de codes et aussi de transgressions du muet est alors parfaitement au point et soudain c'est l'irruption du parlant.

Le cinéma étant un art du mouvement, il fallait s'attendre à ce qu’il se détruise en marchant. La destruction est coûteuse. Des stars tombent au champ d'honneur - c'est le thème de The Artist ; pire, la caméra qu'un Abel Gance avait rendu aérienne se retrouve soudain figée au sol, aux ordres de l'ingénieur du son omnipotent. Un progrès technique peut entraîner une régression esthétique.

Mais le mouvement se prouve en marchant. Très vite, le passage au parlant permettra l'ouverture de nouveaux genres et paradoxalement, le muet finira même par retrouver une place.

Avant The Artist , il est arrivé à quelques autres réalisateurs contemporains de tenter l'expérience d'un film complètement muet et combien d'autres glissent, quand c'est nécessaire, du silence dans leurs plans : le regard peut se passer de mots, il en dit même souvent plus que les mots.

Pour évoquer cette déchirure décisive entre deux moments du cinéma, cette transition féconde aussi, notre invité est Noël Herpe.

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The Artist

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