Alors que le 23 octobre est devenu fête nationale, en souvenir du début des évènements de 1956, son interprétation n’est certes pas stabilisée.

Manifestation de Budapest, octobre 1956
Manifestation de Budapest, octobre 1956 © AFP / UPI

Quand il n’était qu’un jeune opposant prometteur, en 1989, Viktor Orban tenait un discours différent de celui d’aujourd’hui. Son adversaire à l’époque n’était pas l’Union européenne mais l’Union soviétique dont il exigeait le départ de son pays.

Alors que le 23 octobre est devenu fête nationale, en souvenir du début des évènements de 1956, son interprétation n’est certes pas stabilisée.

Longtemps, les communistes orthodoxes avaient imposé leur questionnement : n’était-ce pas une revanche de la vieille droite issue des classes fortunées de jadis plutôt qu’une insurrection démocratique ? Ce n’est plus de saison. Il y a soixante ans, un vaste mouvement s’est bien levé, issu du milieu étudiant et de la classe ouvrière et qui, sans commandement central, s’est trouvé une incarnation en la personne d’un communiste pas comme les autres, Imre Nagy, qui l’a payé de sa vie. Comme des milliers d’autres.

Le débat s’est aujourd’hui déplacé. On a pu longtemps soutenir, avec des preuves, que 1956 en Hongrie s’inscrivait dans une lignée qui commençait avec la révolte des ouvriers de RDA en 1953 et qui triomphait enfin en 1989, avec le passage de l’Europe de l’Est à la démocratie. Mais Orban version 2016 veut imposer une toute autre interprétation. À entendre ses discours martiaux, 1956 n’est qu’un épisode d’une longue histoire nationaliste que le catholicisme accompagnerait depuis la conversion des grands aïeux et qui intégrerait les régimes politiques durs qu’a pu connaître le pays, y compris celui de l’amiral Horthy après la malheureuse Première Guerre, quand le traité de Trianon avait amputé le pays – perte irréparable.

Quant à l’accueil des réfugiés de la révolution par l’Europe de l’Ouest, il est passé par pertes et profits. Il est vrai, comme dit un graphiste fameux, Kovacs, un hongrois d’aujourd’hui dans sa vie voit davantage d’ovnis que de réfugiés.

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