Cour carrée du Louvre en 1976, une statuette de chat égyptien, sortie tout exprès du musée, veillait sur les obsèques de Malraux. Il développait jusqu'au paradoxe l'idée du rôle central du chat dans l'histoire des hommes. Lors de sa dernière visite à Colombey il avait expliqué au général de Gaulle qu'à Azincourt, les Anglais avaient des capitaineries de chats tandis que les Français laissaient faire les rats qui mangèrent les cordes de leurs arcs. "Ah, rêvait-il, des chats disposés en rangs de cent!" Tandis que le général restait songeur, Madame de Gaulle répondait: "Déjà qu'il est difficile de faire vivre deux chats ensemble." Elle avait bien vu que chaque chat, même Gris-Gris à la Boisserie, était près de se comporter en objecteur de conscience.

Deux chat, bleu et jaune - Franz Marc - 1912
Deux chat, bleu et jaune - Franz Marc - 1912 © domaine public / Kunstmuseum Basel

En fait, la proposition de Malraux mériterait d'être transformée. On pourrait dire, en voyant passer un chat, qu'à lui seul, il en sait long sur l'histoire de l'humanité. Alors qu'il est resté à peu près semblable à lui-même au long des siècles, gardant les mêmes gestes, que d'atermoiements et de changements chez l'homme! Un exemple: l'homme n'a cessé de faire des réputations très différentes au chat, selon les lieux, les siècles, les tempéraments. Le chat a ses raisons de garder ses distances: ce n'est pas son maitre qui le caresse, c'est lui qui se caresse à son maître et, d'ailleurs, qui est le maître? La question n'est toujours pas résolue.

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L’abbé La Caille, découvreur du ciel austral Le 18 septembre 2013, une nouvelle exposition sera présentée dans l’espace muséal de la bibliothèque de l’Observatoire de Paris, L’abbé La Caille, découvreur du ciel austral.Une exposition qui rend hommage à l’un des astronomes les plus accomplis et les plus productifs du XVIIIe siècle, l’abbé Nicolas-Louis de La Caille (1713-1762) dont le tricentenaire de la naissance figure cette année parmi les commémorations nationales. L’abbé La Caille s’illustra notamment par une mission en Afrique du Sud (1750-1754) : au cours de 127 nuits d’observations, il repéra 9 277 étoiles, baptisa quatorze nouvelles constellations et permit de dresser la première grande carte des étoiles de l’hémisphère sud… On lui doit également un journal, où il donne une description vivante et précise de la vie dans la colonie hollandaise du Cap au milieu du XVIIIe siècle, et la première mesure d’un arc de méridien en Afrique du Sud. Cette manifestation, ouverte jusqu’au 28 mars 2014, est organisée dans le cadre des Saisons Afrique du Sud 2012 et 2013. On pourra y découvrir de nombreux documents originaux relatifs à l’activité scientifique de La Caille, notamment de précieux manuscrits qui font partie des collections de la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris.

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