L’Aquarius ? 58 passagers. Un fois ceux-ci déposés à terre, le bateau va être bloqué un bon moment à Malte et on entendra moins parler de lui. On va nous recommander de calculer plus large. Le Symphony of the Seas ? 6 600 passagers. La Méditerranée ? Le deuxième bassin mondial pour les croisiéristes.

Pont arrière du paquebot Oriana au large du Portugal en 1998
Pont arrière du paquebot Oriana au large du Portugal en 1998 © Getty / Stuart Freedman

L’Aquarius ? 58 passagers. Un fois ceux-ci déposés à terre, le bateau va être bloqué un bon moment à Malte et on entendra moins parler de lui.

On va nous recommander de calculer plus large. Le Symphony of the Seas ? 6 600 passagers. La Méditerranée ? Le deuxième basin mondial pour les croisiéristes. Les croisiéristes ? Un secteur de pointe. 7% de croissance par an depuis une génération. Ils doivent éditer leurs catalogues un an à l’avance et ils ne peuvent, disent-ils, s’accommoder d’un espace où la sécurité ferait défaut.

Les nouveaux géants de la mer avec leurs étages de cabines à balcons qui font penser à des HLM n’ont plus grand chose à voir avec les transatlantiques d’antan. Leur construction assure aux chantiers navals de Saint Nazaire l’emploi et la fierté. Cependant les ports ne se pressent plus autant pour les accueillir. S’ils sont encore nourris au fioul, ils polluent énormément. Dans les sites fragiles, ils déstabilisent les rives. Et que dépensent leurs clients à terre ? Bien peu. La destination du fun-ship, c’est le bateau lui-même qui fonctionne comme un parc d’attraction.

On parle jusqu’ici du bas ou du milieu de gamme - on ne dit plus troisième et deuxième classe mais on le pense tout bas. Si les bateaux géants provoquent demain la saturation et si, par malheur, leur sécurité se trouvait prise en défaut, il restera aux croisiéristes les produits d’exception, les destinations « vierges ». Le public chic est par exemple très friand d’Antarctique et d’Arctique. C’est le même, sans doute, qui se désole du changement climatique. Mais la croisière n’est pas à une contradiction près. Elle promet la sérénité dans une mer qui est tout sauf tranquille.

On se souvient peut-être d’E la nave va de Fellini. Un bateau de première classe appareillait dans la douceur de l’été 1914. Et bientôt il croisait un bateau de réfugiés. Au moins ne tirait-il pas sur lui comme vient de le faire hier la Marine nationale marocaine. La croisière abuse mais n’a pas de bras armé.

Programmation musicale : Croisières méditerranéennes de Bernard Lavilliers

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