Elle avait fait ce qu’on appelle un beau mariage avec un diplomate. Estime, courtoisie et vouvoiement étaient au rendez-vous mais son époux ne lui était pas nécessaire. Son lot fut la solitude et son destin de courir toujours.

Elle faisait de la photographie depuis toujours. « Dans un tempérament de journaliste, disait-elle, l’essentiel n’est-il pas la puissance de générosité ?» Avec ses appareils et des carnets de notes, elle ne cessa de rejoindre les hommes qui embarquaient. Sur le premier navire océanographique français, sur les grands chalutiers de Terre-Neuve, sur les dragueurs de mines en 39-40, et à partir de 1942, sur les pirogues au large de l’Afrique de l’Ouest, à la recherche des raies-vaches et des poissons-scies.

« L’océan est une surface opaque qui nous renvoie à notre propre ignorance »…Cependant il lui parut assez vite clair que les ressources marines n’étant pas illimitées, il fallait mettre fin à notre impatience millénaire. Anita Conti consacra beaucoup de temps à défendre une pêche plus raisonnée et elle prêcha d’exemple en tentant plusieurs expériences d’aquaculture : « pour exploiter la mer, il faut entrer dans la mer. »

Elle mourut à près de cent ans, à Douarnenez, la nuit de tempête de Noël 1997. Ses cendres ont été dispersées par 4°25 de longitude Ouest et 48°09 de latitude Nord.

Les liens

Fondation Anita Conti

Interview de Laurent Girault-Conti dans le Télégramme

Les Editions Locus Solus sur Facebook

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.