Dans la catastrophe, comme dans la guerre, d’ailleurs, la première des victimes, c’est la vérité. Des rumeurs venues du fond des âges surgissent de la Nouvelle Orléans submergée : il est raconté par exemple que les riches ont coupé les digues afin de submerger les noirs. Le monde extérieur n’est pas en reste. La réputation de Sodome de la ville étant bien établie, les télé-évangélistes parlent de punition divine : « N’avez-vous pas remarqué sur les écrans satellitaires que Katrina avait la forme d’un fœtus de six semaines avorté ? »

De ce moment panique sont nées de suite des questions politiques. Les communicants y répondent à leur façon, immédiate : en cas de catastrophe, il faut que les responsables politiques tentent d’inventer un récit favorable à l’action du gouvernement et, surtout, q ’ils se rendent visibles de suite. Roosevelt ou Clinton savaient le faire, Bush n’a pas su le faire. Ceci dit, il faut peut-être faire appel à un temps plus long ! Se demander, par exemple, comment, dans une même ville, des évènements comparables, la crue de 1927, l’ouragan de 1965, ont été gérés de façons si diverses, selon les objectifs très différents que les présidents successifs assignaient aux autorités civiles et militaires. Les destructions de Katrina sont aussi caractéristiques du type d’état qu’on veut construire.

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