Lycéennes japonaises saluant Toshio Anazawa, un pilote kamikaze, avec des banches de cerisiers en fleurs le 12 avril 1945
Lycéennes japonaises saluant Toshio Anazawa, un pilote kamikaze, avec des banches de cerisiers en fleurs le 12 avril 1945 © domaine public / Hayakawa

Non seulement les officiers japonais, fait inouï dans l’histoire militaire, ont demandé en octobre 1944 à des pilotes de se transformer eux-mêmes en armes mais bientôt ils les ont encouragés à écrire des journaux et des lettres qui, un peu plus tard, au printemps 1945, sont presque devenus un genre littéraire.

En voici une datée du 28 avril il y a soixante-dix ans précisément : « Les fleurs de cerisier doivent être en train de commencer à tomber à Tokyo. Ce serait triste que je tombe moi-même avant les fleurs de cerisier. Tombez, tombez, fleurs de cerisier, il serait injuste que vous continuiez à fleurir alors que je meurs. »

A la fin de la guerre du Pacifique, les chefs japonais ont abandonné plus d’un demi-million d’hommes de troupe qui ont divagué sur place, mourant de faim. En Mandchourie, sans hésiter à perdre la face, ils en ont livré, captifs, à peu près autant aux Soviétiques. Qui se souvient de ces japonais-là ? Notre mémoire est sélective, qui a été préparée à privilégier quelques milliers de kamikazes.

Mais de cette poignée d’hommes, notre souvenir est-il si juste ? Peut-être avaient-ils moins le choix de leur destin qu’on ne l’a dit. Et l’extension présente, omniprésente, du mot, jusqu’où est-elle exacte ? Les kamikazes appartenaient à une armée impériale ; les jeunes gens d’aujourd’hui qui se font exploser sur les places publiques et les marchés meurent non pour une nation mais pour une …cause.

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