Manifestants réclamant la démission du président Nixon - Washington le 22 octobre 1973
Manifestants réclamant la démission du président Nixon - Washington le 22 octobre 1973 © domaine public
Trente années de dictature venaient à peine de prendre fin que le premier président élu, Fernando Collor tombait, victime d’une procédure de destitution. La Chambre basse avait déclenché celle-ci et juste avant que n’intervienne le vote décisif du Sénat, Collor avait préféré démissionner. Un quart de siècle plus tard, Dilma Rousseff en est là, cernée elle aussi par les concerts de casseroles. Une Constitution, c’est un dépôt de raison et de légitimité laissé par les prédécesseurs : un pouvoir qui irait trop loin doit pouvoir être arrêté par un autre - et avant que l’excès ne menace. C’est pour cela que dans leur Constitution de 1988, les États-Unis du Brésil ont imité la Constitution des États-Unis d’Amérique promulguée en 1788 : une fois que la Chambre basse a chauffé le breuvage bouillant de l’accusation, c’est au Sénat de le refroidir et de décider de le consommer ou pas. Cependant, au Brésil, l’impeachment tient autant de l’irrationnel que du rationnel. La charge contre Rousseff est la conséquence d’une grande crise économique plus que de ses fautes personnelles. Et les parlementaires qui la renvoient sont pour plus de la moitié en difficulté avec la justice au point qu’on se demande s’ils n’achètent pas leur impunité en votant pour le pouvoir à venir. Les États-Unis, dans leur sagesse, ont attendu leur dix-septième président pour tenter une procédure qui tient de l’aventure. Les deux tentatives suivantes ne sont intervenues que plus d’un siècle plus tard, avec Nixon et Clinton. Et à chaque fois, des terrains qu’on croyait stables ont été mis en mouvement. Chaque impeachment amène des pratiques constitutionnelles nouvelles, inattendues. L’expérience américaine amène donc à penser qu’il faut le considérer comme une exception plutôt que comme une arme à utiliser à tout bout de champ.
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