Une fois desserré l’étau sur Madrid en février-mars 1937, le théâtre continuera de jouer un rôle important. Il essaimera sur le front, dans les villages, au cul des camions...

Février 1937, Madrid est assiégée par les franquistes depuis quatre mois. Les quartiers les plus exposés sont creusés de tranchées, hérissés de barricades. La Cité universitaire est défendue par un hongrois, Kleber : les Brigades internationales sont venues défendre la ville que le gouvernement républicain a dû évacuer mais qui sera, dit le poète Rafael Alberti, « la capitale de la gloire ».

« Qu’à Madrid, les hommes soient des châteaux

Avec leurs fronts tels des créneaux

Et leurs bras tels de hauts remparts

Portes que nul ne forcera »

Depuis qu’elles ont déclenché la guerre civile, les troupes franquistes ont aboli les normes sociales fondamentales. Leurs colonnes de la mort annoncent leur programme : « Ecrasez cette populace d’un coup de marteau ». En réplique, l’ordre républicain dans la ville s’exerce sans pitié. Les théâtres n’ont pas fermé mais ils sont passés sous le contrôle de comités ouvriers. Leur fonction est double : renforcement du moral, propagande révolutionnaire.

Une fois desserré l’étau sur Madrid en février-mars 1937, le théâtre continuera de jouer un rôle important. Il essaimera sur le front, dans les villages, au cul des camions, partout où il pourra. Il adoptera des formes courtes, mordantes qui rappelleront les trains d’agit prop qui circulaient à une autre époque de guerre civile, dans la Russie soviétique.

Un autre poète, Miguel Hernandez :

« Crainte que l’Espagne s’écroule

Sous le poids du sang qui suinte entre ses trames

Jusqu’à mouiller le pain qui se mange. »

Urgence du théâtre, théâtre d’urgence. »

Programmation musicale : "A las barricadas", paroles de Valeriano Orobón Fernández (1933)

Le lundi 6 mars, La Marche de l'histoire ouvre la séance, pour de nouveaux enregistrements en public par les Comédiens-Français, de grands débats parlementaires.

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