le 22 août 1914, jour le plus meurtrier de l’histoire de l’armée française
le 22 août 1914, jour le plus meurtrier de l’histoire de l’armée française © reuters
Paul Feunette était un industriel lorrain. Histoire de dompter son fils Gabriel, il l’avait fait affecter dans un régiment d’infanterie coloniale à la réputation sévère. Le 22 août 1914, Gabriel Feunette se retrouve engagé dans l’offensive française en Belgique occupée. Juste avant de partir au combat, il écrit à son père pour le remercier de lui avoir choisi un destin d’élite. Avant même que cette lettre lui parvienne, Paul Feunette a reçu l’annonce de la mort de son fils à Rossignol, un village des Ardennes belges, l’épicentre de la journée la plus meurtrière qu’ait jamais connu l’armée française. Les autorités, à cette période, ne songeaient pas à minimiser le nombre des morts. En revanche, après la victoire, elles ne s’appliqueront pas à célébrer les « petits morts du mois d’août » ensevelis à la hâte et mal identifiés – les soldats ne portaient pas encore de plaques, seulement des fiches en carton bouilli. Paul Feunette remua ciel et terre pour lever des fonds et construire un mémorial en souvenir de son fils et de ses camarades. Une fois le monument inauguré en 1927, il s’y déplaça encore une fois en 1928 pour s’y suicider, d’une balle dans la tête. Le premier livre sur la Grande Guerre qu’a écrit notre témoin, _Le jour le plus meurtrier de l’histoire de France_ , rapporte cette histoire. Le second est dédié à « Paul Feunette, in memoriam ». Symétrique du premier, il étudie « Le jour le plus meurtrier de l’histoire britannique », le 1er juillet 1916, sur la Somme. Si Jean-Michel Steg s’est identifié à Paul Feunette, c’est qu’il travaille dans un milieu qui est plus proche de l’industrie que de l’histoire. S’il a étudié les moments paroxystiques, les pics de mortalité, c’est au nom d’une vieille habitude des colonnes de chiffres. Mais sous les statistiques, il a découvert les êtres de chair et de sang. Et, comme l’en avait prévenu un ami : « Tu te mets à faire de l’histoire, tu verras, c’est aussi de toi que tu parleras ». ## Evénement(s) lié(s) [Deux grandes séances parlementaires restituées par la Comédie Française](/evenement-deux-grandes-seances-parlementaires-restituees-par-la-comedie-francaise-1)
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