Maastricht, dans la paisible province néerlandaise du Limbourg, c’est décidément un lieu de conflits ! Le nom de la ville lui-même prêtera à affrontement.

Drapeau européen
Drapeau européen © AFP / DOMINIQUE FAGET

Maastricht, dans la paisible province néerlandaise du Limbourg, c’est décidément un lieu de conflits ! Le nom de la ville lui-même prêtera à affrontement : les adversaires du traité s’entendront pour prononcer Maastrikt, ses partisans diront Maastricht…

Mais d’abord , comme dans les peintures de bataille, tentons un panorama. Quand les Douze – ils ne sont alors que douze dans la Communauté économique européenne – se réunissent dans la ville en décembre 1991, le processus de dislocation de l’URSS s’achève, celui de la Yougoslavie commence. Les européens hésitent entre la satisfaction – l’idée démocratique l’emportait donc définitivement – et l’inquiétude : après la réunification de l’Allemagne, comment se fera la recomposition à l’Est.

À Maastricht, le chancelier Kohl et le président Mitterrand, même s’ils sont en désaccord sur la question yougoslave, afficheront leur détermination commune. On s’interroge alors sur la capacité de l’Allemagne à faire face aux conséquences économiques de la réunification mais, si on resserre l’objectif sur la France, il faut bien constater qu’elle suscite aussi bien des questions. Le seuil des trois millions de chômeurs vient d’être franchi. Pierre Beregovoy, nommé Premier ministre après l’épisode Cresson, calamiteux, est mal assuré de sa majorité dans une Assemblée en dernière année de mandat. Et encore l’opinion ignore-t-elle alors l’état de santé du président qui va s’aggraver au cours de l’année qui vient.

Tout commence donc à Maastricht. Si nous prononçons Maastricht, c’est sur la recommandation des autorités néerlandaises…

Programmation musicale : Les négresses vertes, "Sous le soleil de bodega", 1992.

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