Le financement souterrain des campagnes électorales ne date pas de ce millénaire. Le président d’Hachette des années 50-60 aimait dire que le Palais-Bourbon était son zoo personnel. On commencera par le récit du retour en force d’Hachette après la guerre...

Le siège d'Hachette en 1999
Le siège d'Hachette en 1999 © AFP / JACK GUEZ

Pas de liberté de la presse sans liberté et impartialité de la diffusion. La loi Bichet proclame ce principe. Votée au printemps 1947, elle est encore en vigueur. 

Pour combien de temps ?

Les kiosques parisiens sont actuellement alimentés à 25% par les Messageries Lyonnaises de Presse et aux trois quarts par Presstalis dont l’actionnaire de référence fut jusqu’il y a peu Hachette : on parlait alors des Nouvelles Messageries de la Presse parisienne. La vente des journaux papiers étant en chute libre.  Presstalis se retrouve  aux abois et peine à payer ce qu’elle doit aux éditeurs tandis que les kiosquiers, dont le métier devient de plus en plus acrobatique, crient à juste raison misère. La loi Bichet les oblige à recevoir beaucoup de titres dont il leur faut  manipuler ensuite les invendus. On leur dit que sa suppression constituerait une solution : ils pourraient choisir entre les publications.  Cap sur la dérégulation.

 La loi Bichet est la butte-témoin qui  demeure du grand effort de moralisation de la presse de 1944-1946

A l’époque, l’offre fut complètement bouleversée par l’irruption des titres issus de la clandestinité qui reprirent les locaux et les positions de la grande presse qui avait failli. Il est de bon ton aujourd’hui de dire que les journaux dirigés par les résistants étaient trop idéalistes et pas assez capitalisés pour préparer l’avenir. L’assertion convient à l’air du temps que nous vivons. L’examen d’une grande entreprise de l’époque la dément. Il s’agit d’Hachette. A la Libération, ses compromissions passées avaient fait perdre au groupe ses précieuses messageries. Néanmoins, en l’espace de moins de trois ans, il récupère ses pions : les Nouvelles Messageries de la presse parisienne qu’il contrôle sont exactement contemporaines de la loi Bichet. Il est permis de poser à Hachette les questions qu’on assène aux anciens résistants. Qu’a fait l’entreprise des bénéfices  accumulés pendant les années dorées sur tranche qui ont suivi ? A-t-elle bien préparé l’avenir de la presse ? 

Ce qui est sûr, c’est qu’elle  a su garantir son avenir politique en soutenant discrètement nombre d’hommes politiques

Le financement souterrain des campagnes électorales ne date pas de ce millénaire. Le président d’Hachette des années 50-60 aimait dire que le Palais-Bourbon était son zoo personnel. Les noms appartiennent souvent à la gauche, ils viendront plus tard; on commencera par le récit du  retour en force d’Hachette après la guerre.

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