Avant d'organiser en grande pompe son enterrement en octobre 2013, le gouvernement de la République de Serbie ne s'était aperçu que tardivement des conditions difficiles de survie de la veuve de Tito. Pour dire le vrai, elle avait été totalement écartée des années avant la disparition, en 1980, du maréchal; la direction collégiale qui avait succédé à celui-ci l'avait même mise ensuite en résidence surveillée et dépouillée de ses bijoux comme de son journal intime. Elle n'avait récupéré ceux-ci, accompagnés d'une petite retraite, qu'à 80 ans passés. On lui avait aussi remis un passeport alors qu'elle n'avait plus d'autre destination prévisible que l'hôpital.

Maison slovène portant l'inscription "Ici c'est la Yougoslavie" datant des années 1945-47
Maison slovène portant l'inscription "Ici c'est la Yougoslavie" datant des années 1945-47 © cc / Anusmundi

Et voilà qu'on la ressort de l'ombre pour en refaire la Jackie Kennedy des non-alignés qu'elle fut à sa façon. Elle redevient ambassadrice de charme mais cette fois d'une Yougoslavie virtuelle qui n'existe plus que dans les mémoires.

On pourrait citer bien d'autres signes de la titonostalgie qui se constate un peu partout dans l'ancien espace de feue la République fédérative socialiste. La nostalgie relève, à l'origine, du vocabulaire de la médecine; elle désigne un vague à l'âme, un regret du pays perdu. Les historiens se gardent bien de la pratiquer mais quand elle présente des symptômes aussi visibles qu'en post-Yougoslavie, il faut bien l'observer.

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