Qu’est-ce que des archives essentielles ? Et il ne faut pas attendre du numérique qu’il fournisse la solution-miracle : en réalité, il peut faire échapper ce qui est, justement, essentiel ; il multiplie le nombre et les états des documents et il pose de nouvelles questions de conservation.

Rayons d'archives aux Archives Nationales à Paris
Rayons d'archives aux Archives Nationales à Paris © AFP / PATRICK KOVARIK

Les institutions ont un besoin organique d’archives. Dès le VIIème siècle, l’abbaye de Saint-Denis conservait des preuves des dons qui lui étaient faits. La tradition fait remonter l’origine des archives royales au lendemain de la défaite de Fréteval en 1194 : le roi y aurait perdu les livres de compte du fisc. Ensuite les documents qui attestaient de ses droits furent déposés dans la sacristie de la Sainte Chapelle à l’étage au-dessus de celui qui conservait les reliques et l’orfèvrerie. Les chartes constituèrent un trésor.

Les archives fournissent des preuves

A partir du moment où la Révolution accorde aux citoyens le droit d’y accéder, elles deviennent aussi des sources, et pas seulement pour les historiens, les sociologues, les généalogistes. Il est possible à chacun de solliciter les Archives nationales, départementales, communales, dans le respect des lois qui assurent, en même temps que la confidentialité de certains documents, l’accès aux  autres. Ces lois sont de moins en moins restrictives. François Hollande a même pris l’initiative en décembre 2015 de permettre l’ouverture complète des dossiers judiciaires de l’Occupation et de la Libération.

Mais, par ailleurs, l’Etat a pris le pli de ne plus faire des Archives une priorité

En 1986, il a délégué la gestion des Archives départementales aux conseils généraux qui ont souvent mené un effort qu’il n’aurait pas consenti. Un coup de rein a enfin été donné avec la construction de deux bâtiments à La Courneuve et à Pierrefitte. Cependant, un autre établissement qui était laissé à lui-même à Fontainebleau a été fermé. L’espace, les moyens manquent de nouveau, la crise qui avait marqué le début des années 2000 rebondit.

Un rapport interne au ministère de la Culture que Françoise Nyssen aurait préféré ne pas voir fuiter recommande de s’en tenir aux archives dites « essentielles ». 

Mais qu’est-ce que des archives essentielles ? 

Et il ne faut pas attendre du numérique qu’il fournisse la solution-miracle : en réalité, il  peut faire échapper ce qui est, justement, essentiel; il multiplie le nombre et les états des documents et il pose de nouvelles questions de conservation. S’ouvre un autre chantier lui aussi coûteux, que le discours managérial qui a gagné l’Etat, voudrait bien ne pas voir. 

Programmation musicale : "La Chanson des archives" par la Patrouille des Castors

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