La Galerie des Batailles n’est qu’une partie d’un dispositif plus vaste conçu au début des années 1830 par le nouveau roi des Français, Louis-Philippe, roi des Français, et qu’il nomma Musée de l’Histoire de France.

Louis-Philippe et ses 5 fils quittant le château de Versailles par Horace Vernet
Louis-Philippe et ses 5 fils quittant le château de Versailles par Horace Vernet © Getty / Photo Josse/Leemage

Pour ses premiers pas de président, Emmanuel Macron avait fait parcourir à Vladimir Poutine la longue Galerie des Batailles de Versailles. Y sont présentés en tableaux très grand format les combats dans lesquels se sont illustrés les Français. Peu importe l’exactitude de leur récit, ce qui compte, c’est l’effet produit sur le visiteur – ce jour-là, le président russe. 

La Galerie des Batailles n’est qu’une partie d’un dispositif plus vaste conçu au début des années 1830 par le nouveau roi des Français, Louis-Philippe, roi des Français, et qu’il nomma Musée de l’Histoire de France. L’évocation commençait avec un chef franc mythique,  Pharamond, et ensuite courait de Clovis à 1830 sans jamais perdre son souffle épique. Délaissée voire fermée, la Galerie des Batailles est aujourd’hui rouverte et l’ensemble du Musée retrouve une certaine faveur. Une grande exposition sur Louis-Philippe s’y tient jusqu’en février. Il reste à rendre tolérable la Salle d’Afrique : la conquête de l’Algérie telle qu’elle y est contée a si peu à voir avec la réalité...

« Si nous chutons »… La famille d’Orléans, mal assise sur le trône par la Révolution de Juillet, n’était aucunement assurée de sa durée. Le Musée d’histoire de Versailles était une manière de fonder une légitimité. Mais Louis-Philippe avait une visée plus vaste. L’imagination n’était pas dans son caractère, l’héroïsme non plus mais s’il fallait lui reconnaître une faculté, c’était la mémoire. Il ne cessait de répéter que les Français l’avaient perdue. Il  fallait l’entretenir, depuis Jeanne d’Arc jusqu’au Chant du départ.

Louis-Philippe n’a pas seulement niché dans le palais des rois de France son musée de roi des Français. On lui doit aussi, l’an 1840, au sommet de son « itinérance mémorielle », le retour des cendres de Napoléon et l’inauguration de la colonne de Juillet place de la Bastille. Qui sait que la crypte installée au pied de celle-ci contient dans deux sarcophages les restes des insurgés de juillet 1830 ? La colonne, elle aussi,  a été trop longtemps fermée. Elle est enfin en cours de restauration. Aurait-on toléré pareille désinvolture pour le mausolée de l’empereur aux Invalides ? Dans la mémoire de la France, la mémoire populaire et rebelle n’est pas la mieux partagée.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.