Les ministres des Affaires étrangères de Hongrie et d'Autriche coupant le fil de fer barbelé à Fertorakos le 27 juin 1989
Les ministres des Affaires étrangères de Hongrie et d'Autriche coupant le fil de fer barbelé à Fertorakos le 27 juin 1989 © corbis / Karoly Matusz/epa/Corbis

Après le mouvement anti-totalitaire de 1956, les traces des combats de 1956 contre l’Armée rouge n’avaient pas été effacées des murs de Budapest : les Hongrois accordent une grande importance à la mémoire.

Imre Nagy, leur chef du gouvernement après la mort de Staline, avait inventé la formule « le communisme à visage humain ». Revenu au pouvoir à la faveur de la grande vague d’espoir de 1956, il avait osé proclamer le multipartisme et la neutralité du pays. L’Armée rouge était alors intervenue, le 4 novembre 1956, provoquant un bain de sang. 300 exécutions avaient suivi, dont celle de Nagy : le héros de 56 était cependant resté ferme sur ses positions, laissant un exemple qui pouvait fructifier plus tard.

Aussi les Soviétiques observaient-ils la Hongrie comme le lait sur le feu. Ils laissaient leur homme, Janos Kadar, gouverner à feu doux. Kadar était un virtuose du double jeu et Moscou tolérait ses écarts de conduite à condition qu’il ne sorte pas du chemin.

Il ne parlait plus de 56 comme d’une contre-révolution mais comme d’une tragédie nationale, enveloppant les uns et les autres dans le même deuil. Et à tous, il promettait la société de consommation : le communisme du goulasch.

Jusqu’à ce que le grand écart devienne de plus en plus difficile à tenir. Le changement s’amorce dès 1987. Comme en Pologne, le communisme va tomber par paliers négociés, la chute sera rapide mais comme amortie, sans les drames qu’on aurait pu craindre.

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