Portrait de Chateaubriand méditant sur les ruines de Rome
Portrait de Chateaubriand méditant sur les ruines de Rome © Radio France / The Yorck Project

Michel Crépu est le directeur de l'antique Revue des Deux Mondes, où écrivit Chateaubriand : bel endroit stable pour attendre la suite de la vie qui risque toujours d'être longue, douloureuse, complexe.

Dévoreur infatigable de livres, il s'arrête dans un essai paru chez Grasset, Le souvenir du monde, sur une de ses lectures essentielles : dans ma vie, dit-il, Chateaubriand tient une place comparable à Kafka et à Beckett.

Il ne s'agira guère ici de la vie privée de Chateaubriand: et pourtant, dans les temps de bouleversements dans lesquels nous sommes entrés depuis la Révolution, elle tient une place de plus en plus essentielle, nous laissant pourtant de plus en plus convaincus de la fugacité de l'amour.

Il ne sera guère question non plus du style de l'Enchanteur, du Grand Sachem du romantisme -ainsi le qualifiait Théophile Gautier.

L'accent sera mis sur la réflexion et l'engagement politiques de Chateaubriand. L'expérience fondatrice de la révolution qui dissocia ce qui était un, le refus de la dictature napoléonienne, les espoirs déçus par la Restauration dont il croyait qu'elle aurait pu tenir les promesses de la vieille monarchie, l'attachement, enfin, sans illusion, à celle-ci mais dans l'espérance d'un monde autre.

Selon Michel Crépu, Chateaubriand eut l'intelligence de son siècle et la prescience de ceux qui vont suivre.

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Revue des Deux Mondes Fondée en 1829 par François Buloz, la Revue des Deux Mondes est aujourd’hui la plus ancienne revue en Europe. Il faut croire que cette période était fertile pour la réflexion si l’on compte la variété de revues qui existaient alors, en France (le Globe, la Revue de Paris, le Mercure du XIXe siècle) ou en Angleterre (Edimbourg Review, Quaterly Review). Au long des années, on pourrait presque dire des siècles…la Revue des Deux Mondes s’est imposée comme un pôle incontournable de la vie intellectuelle française et européenne (Goethe en était un fidèle lecteur). Au croisement de l’histoire, de la littérature et de la politique, elle souhaite, dès l’origine, incarner l’humanisme hérité des Lumières, cela dans un souci de connaissance, de curiosité pour les sociétés extra-européennes, qu’il s’agisse de l’Amérique, de la Russie ou des mondes africains, asiatiques. Avant que l’on ne parle d’ « ethnologie », la Revue des Deux Mondes se veut aussi bien une revue de « voyage ». Il convient de prendre le mot au pied de la lettre : le voyage est un mode fondamental de la connaissance ; le récit a partie liée avec le commentaire. De là ces innombrables récits de voyages qui constituent, dans la collection générale de la Revue un véritable patrimoine à l’intérieur du patrimoine.

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