Louis XVI puis Marie Antoinette et enfin Madame Elisabeth, la sœur du roi, ont été tour à tour guillotinés puis c’est Louis XVII qui s’est éteint, silencieusement, au printemps 1795...

La famille royale arrivant à la prison du temple en août 1792
La famille royale arrivant à la prison du temple en août 1792 © Getty / Keystone-France

Louis XVI puis Marie Antoinette et enfin Madame Elisabeth, la sœur du roi, ont été tour à tour guillotinés puis c’est Louis XVII qui s’est éteint, silencieusement, au printemps 1795. Seule des captifs du Temple survivra la fille aînée, Marie-Thérèse, qu’un échange avec l’Autriche libèrera et qu’on verra réapparaîtra à Bâle : fantôme de 17 ans, tout de noir vêtue.

On ne compte pas les récits qui prétendent narrer la  survie de Louis XVII. Evadé, caché, il est partout et nulle part. Son sort a fait rêver des Français de toute origine. En revanche, le récit de la captivité de la famille n’est pas partagé également. L’école républicaine ne s’y attarde pas. La télévision et le cinéma ne s’y risquent guère : pourtant la reconstitution de l’intérieur du donjon coûterait moins cher que celle des grandes journées révolutionnaires… En revanche, le souvenir du Temple est farouchement gardé par une communauté de sensibilités restées fidèles. Il passe par des images et des témoignages écrits qui se sont multipliés à partir de la Restauration. Par des reliques aussi : dans le film de Schoeller, « Un peuple et son roi », on  voit un spectateur de l’exécution du 21 janvier recueillir dans son mouchoir le sang du roi : on imagine quelle circulation connaîtra l’objet.

Il ne suffit pas de nommer les Bourbons Capet pour qu’ils disparaissent de l’horizon imaginaire des Français. Une monarchie, quand elle tombe du haut des siècles, survit dans les mémoires; certaines tombes ne se referment pas aisément : on pourrait prolonger à l’infini les formules si justes de Chateaubriand.

Il est sûr, en tout cas, que le sort réservé à la famille royale n’a pas témoigné en faveur de l’exemplarité de la Révolution mais plutôt de la dignité de la famille royale. Il prouve aussi l’utilité du martyre. Dans ces années-là, le comportement des prisonniers du Temple a davantage servi la survivance de l’idée monarchique que les déclarations rétrogrades et les complots avortés des émigrés.

Chanson de Grand Corps malade, dans l'émission Travaux publics, France Culture, 2004.

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