Le théâtre du peuple de Bussang en 1895
Le théâtre du peuple de Bussang en 1895 © domaine public

Au pied de la ligne bleue des Vosges et d’un col qui servait de frontière avec l’Allemagne, la famille de Fréderic Pottecher, le chroniqueur judiciaire, a établi en 1895 un rendez-vous de spectacles estivaux. Une superbe grande salle fut édifiée pour mille spectateurs : une sorte de Bayreuth de bois, qu’on imita plus tard dans les Alpes, au Jorat ou à Evian. La devise de l’endroit était fière : « par l’art et pour l’humanité ». Et l’intention ambitieuse : il s’agissait de faire jouer ensemble sur la scène professionnels et amateurs et, dans la salle, de mêler des spectateurs de toutes origines. « Le peuple se nourrit du peuple », disait Romain Rolland, qui fut le premier soutien de l’initiative.

La direction de Bussang fut ensuite longtemps assurée par une très grande vedette du cinéma d’avant-guerre, Pierre-Richard Willm, qui craignait Paris, redoutait Hollywood et n’aimait rien tant que de se tenir dans les Vosges, « loin des étoiles ». « Faire plaisir à 10000 spectateurs pas an, c’est une raison de vivre », disait-il.

A près de 120 ans, le Théâtre du Peuple poursuit son chemin. C’est même pour la presse nationale, le ministère de la Culture, les collectivités, un théâtre « légitime ». La légitimité d’aujourd’hui tient largement aux chiffres. Donnons-les : 26 000 spectateurs cette saison soit le quart du festival « in » d’Avignon…

Devenu lieu-ressource pour ceux qui calculent, Bussang commet le prodige de rester en même temps un lieu-source.

Les liens

Site du théâtre du peuple de Bussang

Article de Jean-Marc Leveratto sur le théâtre du peuple de Bussang

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