100 millions de touristes, demain peut-être ? Néanmoins le pourcentage des Français qui sont exclus de la mobilité ne diminue pas. Démocratisation en trompe l’œil ?

Touristes chinois à Paris
Touristes chinois à Paris © Getty / Chesnot

La France, pourtant, l’a longtemps cru. Favorisée qu’elle est par sa situation géographique et ses sites monumentaux, elle est convaincue qu’elle a quelque chose de particulier à montrer au monde, comme elle a quelque chose de fort à lui dire.

Une démocratisation du tourisme passée par l'achat d'une résidence secondaire

En réalité, ce sont les pratiques changeantes des Français qui ont façonné le tourisme. Quand ils ont commencé à être nombreux à se déplacer pendant leurs congés payés, ils se sont rendus volontiers dans les lieux de rendez-vous où les avaient précédés les rentiers de la classe de loisir et dont ils voyaient les photos affichées sur les murs des compartiments de seconde classe de la SNCF. Ils ont été plus nombreux encore à rejoindre l’été leurs régions d’origine familiale, à remonter l’exode rural, en somme. L’achat de résidences secondaires a accentué la démocratisation : on en compte trois millions qui sont occupées en moyenne par quatre personnes, cela commence à faire du monde.

Quand on achète une résidence secondaire, c’est pour trouver autour de soi le même paysage, année après année. Or le tourisme est un accélérateur de changement. Ce n’est pas un hasard si les régions de fort tourisme sont celles où le développement économique est le plus fort. Certains, à rebours de la démocratisation, vont donc chercher des processus de différenciation, de distinction. Dans cette perspective, un jour, le Cantal deviendra un must ! C’est là qu’il faudra aller pour ne plus avoir à faire aux 100 millions de touristes que la France prétend vouloir attirer.

100 millions de touristes, demain peut-être ? Néanmoins le pourcentage des Français qui sont exclus de la mobilité ne diminue pas. Démocratisation en trompe l’œil ?

Quel que soit le point de vue où on se place, dans le tourisme, il y a une bonne part de mensonge. Mensonge de celui qui rédige la brochure, de celui qui la vend, de celui qui l’achète. Le bonheur des vacances est dans doute dans le compromis qu’entretiennent ces mensonges.

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