Fête musicale à Bagnères-de-Luchon, parc des Quinconces - vers 1900
Fête musicale à Bagnères-de-Luchon, parc des Quinconces - vers 1900 © cc / Eugène Trutat

Condorcet, le pionnier de l’Instruction publique, attendait du progrès des arts « qu’un plus grand nombre d’hommes devienne capable de bien remplir les fonctions nécessaires à la société » . La démocratie ne consistant pas seulement à reconnaître des égaux mais à en faire, les arts sont indispensables à la fabrique des citoyens. Et, parmi les arts, la musique, évidemment…

Ecouter ensemble, c’est un exercice de santé collective. Ecouter ensemble un répertoire qui juxtapose ce qu’il y a de meilleur dans les différentes traditions du pays, c’est une manière d’enrichir le creuset républicain. Pas de semaine sous la Troisième République sans les cours de chant à l’école tels que les a voulus Jules Ferry et les chorales de quartier ou d’entreprise – il y en avait jusqu’au Bon Marché. Pas de dimanche sans un tour au kiosque du parc ou à la société de concerts de l’endroit. C’est en tout cas l’idéal affiché par l’Etat qui ne lésine pas sur les subventions pour le réaliser.

Evidemment, les airs entraînants des opérettes, les scies répétées des cafés-concerts, les rengaines des chanteurs de rue continuent leur chemin dans les têtes mais le régime, déterminé et impavide, affiche sa vision : la musique n’est pas un divertissement qui serait entendu différemment selon qu’on serait pauvre ou riche : elle est un bien commun, d’utilité publique.

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