Semaine spéciale "Le roman du Jazz".

Le nazisme attribuait le jazz à la lourde sensualité nègre et à la lâche sensualité juive - à moins que ce ne fût l'inverse. Les staliniens, qui n'appréciaient pas davantage la sexualité débridée, étaient tentés par d'autres associations idéologiques. Comment, se demandaient-ils, pareille musique avait-elle pu naître d'une culture populaire ? N'était-elle pas clairement passée sous influence capitaliste ?

"Le Premier Orchestre Excentrique de la République fédérale socialiste de la Russie" – le jazz-band de Valentin Parnakh en 1922
"Le Premier Orchestre Excentrique de la République fédérale socialiste de la Russie" – le jazz-band de Valentin Parnakh en 1922 © domaine public

Selon les périodes, le pouvoir fut tantôt patelin tantôt hostile. Le grand chef Rosner fut ainsi envoyé au goulag mai autorisé à constituer un orchestre pendant qu'à Moscou, on interdisait un morceau de Prokoviev parce qu'il nécessitait un saxo. Dans les toutes dernières années de Staline, on s'étonnait qu'une pièce de marionnettes dénonçant Hollywood attirât tant de monde, c'est qu'on y "jouait" les disques de jazz d'Amérique.

En 1971, quand Duke Ellington put venir en visite, les musiciens qui l'avaient dénoncé comme bourgeois le recevaient sincèrement comme l'enfant prodigue qu'ils avaient attendu toute leur vie.

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