Ouvrons le grand dictionnaire de la langue française du XIXe siècle au mot "opérette". Il en dit seulement que ce sont des ouvrages joués sur différents petits théâtres.

Signature de Johann Strauss
Signature de Johann Strauss © Getty / Ullstein Bild

Semaine spéciale "L'opéra s'amuse"

Quand les intellectuels droits dans leurs bottes vous disent que l’opérette, c’est réactionnaire, franchouillard et que cela fait fuir le public tel qu’il est aujourd’hui constitué, il reste la ressource de la défendre d’un point de vue moderne, européen.

Mais d’abord ouvrons le grand dictionnaire de la langue française du XIXème siècle. On imagine mal Littré, qui était assez casanier, sortir de sa tanière pour aller voir des opérettes. Il en dit seulement que ce sont des ouvrages joués sur différents petits théâtres. Fort bien. Et il ajoute que le mot est un diminutif d’opéra et qu’il est passé de l’allemand au français. A cet effet, il prend à témoin Mozart mais c’est aussi sans doute à Offenbach qu’il pense. Et aux origines du compositeur qui l’ont marqué à tout jamais, à Paris, d’un sceau… « alsacien », a-t-on dit parfois, quand on était indulgent. Il est vrai aussi qu’Offenbach a fait le lien entre la France et l’Autriche où se rend en visite en 1858 et où il a ébloui le jeune Johann Strauss. Il n’y a donc pas d’opérette que française. La parenté avec l’art des scènes viennoises ne peut être mise en doute.

Ce serait mieux pour le décor si on pouvait l’élargir. Le risque est alors d’entrer dans de terribles querelles d’interprétation. A Madrid, il y a bien un Théâtre de la zarzuela comme à Londres un théâtre d’opéra-comique. Mais la zarzuela, quelles que soient ses origines de cour, s’inscrit dorénavant dans les quartiers de Madrid dit farouchement roturière ; l’opéra-comique anglais, très victorien d’esprit, est peut-être moins irrévérencieux. Les querelles d’interprétation sont innombrables. Comment décider ? L’Europe des peuples n’est jamais facile à dessiner.

Programmation musicale :

"La chauve-souris" de Johann Strauss II par le Chœur de la Radiodiffusion bavaroise et l'Orchestre de la radio de Munich sous la direction de Placido Domingo (1986)

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