Erro n’a jamais eu d’auto, Arman tenait à en avoir plusieurs. Tous deux et bien d’autres Vasarely, Pol Bury, Sotto … ont été invités à travailler chez Renault.

Louis Schweitzer et quelques oeuvres de la collection Renault présentées au Sompo Japan Museum of Art en 1990
Louis Schweitzer et quelques oeuvres de la collection Renault présentées au Sompo Japan Museum of Art en 1990 © Getty / Raphael GAILLARDE

Arman observait, fasciné, la magie convergente de la chaîne avançant au rythme d’une tortue. Robert Rauschenberg rêvait d’une voiture transparente et Nicola Schöffer créa une sculpture qui cherchait à rouler ...

Aujourd’hui, on n’imagine les fondations d’entreprises que sous la forme de collections fondées sur des achats. La démarche de la Régie Renault, dès la fin des années 1960, était tout autre. Elle ouvrait ses ateliers aux artistes afin que leur production soit inspirée par l’automobile. Elle ne craignant pas de se regarder au miroir déconcertant, critique, sarcastique qu’ils lui tendaient. Vasarely redessinait le losange, Arman faisait d’une culasse découpée une accumulation…Renault laissait faire. Elle a juste mis un frein aux ardeurs de César quand il proposa une compression de toute la gamme des modèles alors en vente. C’est seulement au bout de plusieurs années que l’idée vint de choisir quelques pièces ainsi produites afin de constituer un ensemble dont il était promis aux artistes qu’il ne serait pas vendable. 

Un homme, Claude Renard, formé dans l’intimité de Malraux, fut le pionnier de cette aventure au long cours. Il avait convaincu Pierre Dreyfus, patron historique de Renault jusqu’en 1975. Il lui arriva de trouver l’appui de tel de ses successeurs. Il fut cependant lâché en rase campagne par Georges Besse qui avait hérité d’une Régie en dérive et qui professait qu’un sou était un sou.

La collection connut des fortunes diverses. Remise en ordre dans les années 1990, elle a gardé assez de puissance d’attraction pour faire l’objet d’une exposition au Japon au moment du rapprochement avec Nissan. On devine cependant que ce qu’elle incarnait a peu à voir avec le mécénat tel que le pratiqua Carlos Ghosn. Ni Claude Renard ni les présidents de son époque n’auraient vu de cohérence entre l’activité automobile et les restaurations d’un salon de Versailles.

Bibliographie : 

Articles d'Anne-Cécile Sanchez dans le numéro de février du magazine d'art L'Oeil ainsi que dans le Journal des Arts du 1er mars 2019

Dubuffet de Marianne Jakobi et Julien Dieudonné (Perrin)

Renault, la collection d'art de Micheline Renard et Ann Hindry ( Flammarion)

Le sac du salon d'Eté, de Jean Robert Bouyeure (L'Harmattan) 

Exposition :

Renault L'art de la collection - Fondation Clément Le François - Martinique 

Programmation musicale : 

Philippe Katerine - Les automobiles 

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