Herschel Grynszpan après son arrestation à Paris en 8 novembre 1938
Herschel Grynszpan après son arrestation à Paris en 8 novembre 1938 © domaine public / Bundesarchiv

Nous sommes le 7 novembre 1938, assez tôt le matin. L’ambassadeur du Reich à Paris n’est pas dans son ambassade. Les procédures de sécurité ne sont visiblement pas ce qu’elles sont devenues aujourd’hui. Un gamin de 17 ans, dont le nom imprononçable en forme de cascade de consonnes aurait dû intriguer rejoint très facilement le bureau du troisième secrétaire, vom Rath, et l’abat. Il l’aurait d’abord traité de « sale boche » en lui reprochant le sort fait en Allemagne aux juifs, et notamment à sa famille.

Ce n’est pas la première fois qu’un représentant du nazisme est victime d’un attentat à l’étranger. Peu auparavant, en Suisse, Wilhelm Gusthof avait pareillement été ainsi abattu. Mais, en novembre 1938, les nazis saisissent le prétexte pour déclencher le plus grand pogrom qu’ils aient jamais programmé. C’est, dès le 10 novembre, la Nuit de Cristal : le troisième secrétaire vom Rath a à peine eu le temps d’expirer, ses obsèques n’ont pas encore eu lieu à Paris, son corps n’a pas encore été transporté en grande pompe dans son pays que des dizaines de synagogues ont brûlé et des milliers de magasins juifs été ravagés.

On imagine le sentiment de responsabilité qui a dû accabler le jeune Grynszpan. Devenu une personnalité connue du monde entier, sa défense lui échappe. En même temps, sa détention lui paraît sans fin. Nous sommes après Munich : le gouvernement français veut croire encore à un modus vivendi avec Hitler, un procès l’embarrasserait. Quand la guerre vient, ce n’est plus non plus le sujet du moment. En juin 1940, Grynszpan est lâché dans la nature.

Mais les Allemands remettent la main dessus. Ils voudraient évidemment lui faire avouer qu’il a tiré les premiers coups de feu d’une guerre d’agression contre l’Allemagne, au nom de la « juiverie internationale » et ils programment à cette fin un procès à grand spectacle.

Comment diable leur projet a –t-il échoué ? Pourquoi ont-ils continué à traiter le jeune homme en prisonnier de choix puisqu’il semble bien qu’il ait survécu jusqu’à leur chute finale en 1945 ?

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