Au matin du 20 mars, l’ancien procureur du chef-lieu de l’Aveyron est retrouvé dans la rivière, égorgé.

A Rodez, le 20 mars 1817, fut retrouvé le corps de Fualdès
A Rodez, le 20 mars 1817, fut retrouvé le corps de Fualdès © AFP / ERIC CABANIS / AFP

Au matin du 20 mars, l’ancien procureur du chef-lieu de l’Aveyron est retrouvé dans la rivière, égorgé. Il faut, cent soixante ans plus tard, être Pierre Bellemare pour laisser entendre que le suicide est possible. Voit-on souvent un homme descendre jusqu’à la berge dans la nuit noire, se taillader la gorge avec un rasoir qui restera introuvable et se laisser ensuite glisser dans l’eau ? Mais dans cette affaire interminable, le désordre a fini par être tel que n’importe quelle supposition a pu faire son chemin.

Fualdès était un ancien révolutionnaire devenu serviteur de l’Empire. La Restauration l’avait mis à la retraite mais l’hypothèse d’une revanche d’ordre politique n’a pas été vraiment explorée.

On s’est polarisé sur un règlement de comptes financiers. Le meurtre a été aussi très vite situé dans une pauvre maison de la ville à laquelle on fit une réputation de sac et de corde. On laissa à un enfant de cinq ou six ans l’initiative de décrire le premier la scène du crime. Et ensuite les témoignages firent pelote. Et, avec le temps, Fualdès n’en finit plus de mourir : on l’aurait égorgé comme on sait le faire avec les cochons dans les fermes de l’Aveyron.

C’est l’inconvénient, qu’on mesure encore aujourd’hui avec l’affaire Gregory, des instructions conduites seulement à charge et menées devant le tribunal impatient de l’opinion. Elles deviennent illisibles. Deux procès-fleuves n’ont pas permis ensuite de démêler l’écheveau Fualdès. La frustration grandit avec l’accumulation des informations mal fondées. Les images des lieux, des supposés coupables et de leurs comparses se multiplièrent. Encore un peu et on aurait lithographié tout le département. Aujourd’hui encore, on a dans l’oreille la complainte qui fut écrite pour l’occasion. Et cet été, Rodez consacre une grande exposition à l’affaire.

Un cadavre qui a grandi avec le temps, c’est tout de même un motif pour s’arrêter et faire un peu d’histoire.

Programmation musicale : La Complainte de Fualdès par le Conservatoire occitan de Toulouse

Exposition : "L'affaire Fualdès, le sang et la rumeur" au Musée Fenaille de Rodez à partir du 20 mai 2017

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