Les jours fériés coïncident avec des fêtes. Des fêtes chrétiennes, comme on le dit couramment ? C'était le cas sous l'Ancien Régime. Depuis la Révolution et sa conclusion par Napoléon, le calendrier en a été fortement purgé, au nom des impératifs de la raison et de la production.

Le 14 juillet à Paris par Vincent Van Gogh - 1886
Le 14 juillet à Paris par Vincent Van Gogh - 1886 © Winterthur / Mefusbren69

Seules demeurent quelques dates chrétiennes essentielles, auxquelles les autorités ont ajouté des fêtes d'abord civiles - qu'on pense au 14 juillet.

Civiles ou religieuses, ces fêtes célèbrent une mémoire, selon des rites bien établis. Mais, évidemment, ces jours de repos possible, la consommation de loisirs l'emporte inévitablement sur la liturgie. D'où les commentaires récurrents : les cérémonies se resserrent, le sens se perd...

Pourtant, c'est dans leur durée que les jours fériés trouvent le ressort pour rebondir : 1989 a redonné du nerf au 14 juillet, 2014 en redonnera au 11 novembre.

Et vouloir les supprimer, c'est les électriser, à coup sûr. Tout le monde avait oublié l'origine du caractère férié du lundi de la Pentecôte mais l'idée de le remplacer par une journée de solidarité provoqua une levée de boucliers. Et revint confusément un souvenir enfoui : celui de la Saint lundi que les ouvriers prenaient à la barbe des autorités.

L'histoire des jours fériés a au moins l'intérêt de prouver que la mémoire est chose difficile à manipuler.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.