Le Fils de l'homme ne sait où reposer la tête et sa vie ne peut non plus être fixée par une biographie. Au fil du IIe siècle, les communautés chrétiennes, en même temps qu'elles se constituaient, ont reconnu quatre évangiles. Or les figures du Christ telles qu'elles apparaissent dans ces quatre textes ne sont pas éclairées du même point de vue. C'est que les milieux dont ils sont issus, si difficiles à reconstituer, sont dissemblables.

Portrait de saint Matthieu par le Maître de l'école de Canterbury - Codex Aureus de Cantorbury - VIIIè siècle
Portrait de saint Matthieu par le Maître de l'école de Canterbury - Codex Aureus de Cantorbury - VIIIè siècle © domaine public / The Yorck Project

Mais il faut aussi compter avec l'effet produit sur chaque évangile par ses générations de lecteurs. Ainsi de l'Evangile selon Matthieu. Alors qu'il n'était pas le premier à être rédigé, il s'est trouvé mis en tête du Nouveau Testament, ce qui lui a donné longtemps une sorte de priorité; la rupture avec le judaïsme quand elle s'est produite, a contribué aussi à durcir l'interprétation qui pouvait être faite de ses propos sur la Loi et la synagogue. Aujourd'hui, il en est autrement.

Les évangiles ne sont pas des récits de vie, même s'ils peuvent en prendre parfois la forme, mais des proclamations. Une proclamation est faite pour être écoutée. C'est ainsi que le lecteur, quand son œil écoute, devient à son tour un auteur de l'Ecriture et, en tout cas, la fait grandir.

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