La politique s’accommode bien des tempéraments mélancoliques. C’était celui de Cicéron.

Cicéron
Cicéron © Getty / DEA / A. DAGLI ORTI

La politique s’accommode bien des tempéraments mélancoliques. C’était celui de Cicéron. Avec son frère cadet Quintus, il s’était préparé à obtenir et à exercer les charges publiques, par une longue formation culturelle, à finalité morale. Cicéron écrivait ainsi à Quintus : « C’est une belle chose que d’exercer le pouvoir de telle sorte que ni une statue, ni une peinture, ni un esclave, ni la beauté de quiconque ne vous ait détourné de la plus rigoureuse intégrité et de la plus grande retenue. » Intégrité, retenue…Mais voilà, les deux frères avaient le sentiment d’arriver trop tard ! La corruption avait gagné le groupe dirigeant et les institutions s’en trouvaient rongées.

Ceux qui n’avaient rien ou si peu contestaient ceux qui avaient beaucoup et en abusaient trop. Les bases sociales de la République chancelaient. Les démagogues et les apprentis dictateurs rêvaient de renverser la table. La violence était devenue le moyen le plus commode de régler les conflits. Or rien ne faisait plus peur à Cicéron, qui répétait : il est autrement facile de déclencher les conflits que de les éteindre !

Ce discours constamment tenu peut évidemment être déconstruit. Ne serait-ce qu’en le confrontant au comportement réel de Cicéron, souvent commandé par l’opportunisme, parfois par la couardise. Néanmoins, dans les derniers moments, son frère comme lui tinrent bon : « À quoi bon vivre, si c’est sous la tyrannie ? »

En parlant constamment d’humanitas, Cicéron s’était gagné plus de chances de la pratiquer que celui qui fait entendre seulement le vocabulaire de la force.

Programmation musicale : Ray Ventura, "Tout va très bien", 1992.

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