Les complaintes criminelles pouvaient compter des dizaines de couplets. Chantées sur des timbres connus de tous, leur écho se prolongea très loin dans le temps.Ni l’apparition des journaux populaires à bas prix ni la Grande Guerre n’en vinrent à bout. Il fallut la victoire de la radi actée pendant la Deuxième Guerre.

Henriette Cornier sur le banc des accusés en 1876 (gravure du Petit Journal en 1931)
Henriette Cornier sur le banc des accusés en 1876 (gravure du Petit Journal en 1931) © Getty / Leemage

« Faites entrer l’accusé »… Il n’est pas de chaine de télé, et jusque sur la TNT, qui ne rêve d’émissions de faits divers à succès. L’une d’entre elles s’appelle « Affaire suivante ». Un personnage y chasse l’autre : le violeur aux chaussettes, le calvaire de la jeune fille au pair à Londres, le maitre-chien qui a tué la petite Maelys…

Au XIXème siècle, nous avions : le procureur saigné sur une table de cuisine, le curé fratricide, l’empoisonneuse en série… Leurs histoires étaient imprimées sur des feuilles volantes - des canards, et chantées au coin des rues et jusque dans les maisons. 

Les complaintes criminelles pouvaient compter des dizaines de couplets. Chantées sur des timbres connus de tous, leur écho se prolongea très loin dans le temps. Ni l’apparition des journaux populaires à bas prix ni la Grande Guerre n’en vinrent à bout. Il fallut la victoire de la radio, actée pendant la Deuxième Guerre, pour qu’elles soient renvoyées au silence.

Sans doute la télévision aujourd’hui retrouve-t-elle quelques-uns de leurs ressorts : par exemple,  le souci de la séparation des bons et des méchants - sans aller cependant jusqu’à l’appel à la loi du talion que pratiquaient les complaintes. Mais si la télévision peut dire qu’elle a une audience populaire, il lui est difficile de se présenter comme une production populaire - ce que revendiquaient les complaintes criminelles.

Les complaintes criminelles méritent d’être retrouvées dans ce qu’elles ont eu de spécifique.

Criminocorpus : musée d'histoire de la justice, des crimes et des peines.

Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d'un corps méconnu - Colloque les 2-3 avril 2019 à la Bibliothèque Nationale de France. Entrée libre mais inscription obligatoire auprès de clamor@crimocorpus.org 

CD Rennes en Chansons (Dastum).

Filmographie : 

Le juge et l'assassin de Bertrand Tavernier.

Violette Nozière de Claude Chabrol.

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