Alors que monte la puissance des lendemains, le passé demeure, comme en attente. La France nouvelle est toujours quelque part l’ancienne France.

Messe à Notre-Dame
Messe à Notre-Dame © Corbis / Owen Franken

Alors que monte la puissance des lendemains, le passé demeure, comme en attente. La France nouvelle est toujours quelque part l’ancienne France.

Lors de son premier voyage en France, Jean-Paul II assumait ce paradoxe en confessant que la liberté, l’égalité, la fraternité étaient, à tout prendre, des valeurs chrétiennes.

La reconnaissance par la France laïque d’une place particulière du pays dans l’histoire chrétienne est plus malaisée. Pourtant, on voit paraître ces temps-ci, dans le milieu catholique, des livres sur les grands catholiques qui ont fait la France « fille aînée de l’Eglise ». On aurait eu tendance à croire que l’expression, utilisée encore par Jean-Paul II, était tombée en désuétude. Les laïques avaient même des raisons de penser que la France était devenue la fille aînée de l’incroyance. Et qu’en conséquence, l’expression religieuse se réserverait au for intérieur, et, dans l’espace public, resterait modérée.

Mais l’aile marchante du catholicisme devenu minoritaire est une aile qui prône la radicalité. Un autre pape, Benoit XVI, a appelé à la constitution, en Europe, d’une « minorité créative ». Les catholiques français ont tendance à interpréter la recommandation comme un appel à une résistance intransigeante au discours dominant. Avec l’espoir, à terme, d’inverser la vapeur. La France catholique style 2016 ne perd pas espoir de reconstituer un jour une majorité.

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