La Fronde, c'est un jeu pour les enfants qui veulent narguer ceux qui sont plus vieux, plus grands, plus puissants. Entre 1648 et 1653, presque tous les groupes sociaux s'y mettent. Quand le pouvoir est affaibli, il est tentant de prendre la vedette.

Portrait d'Anne-Geneviève de Bourbon-Condé - XVIIème siècle
Portrait d'Anne-Geneviève de Bourbon-Condé - XVIIème siècle © domaine public

Montent tour à tour sur le théâtre, pour reprendre l'expression du cardinal de Retz, les membres des Parlements qui veulent étendre leur rôle, les princes qui veulent confisquer celui du roi, les bourgeois lassés de jouer les utilités, les gens du peuple soucieux de faire entendre leur voix.

C'est un jeu dangereux qui ajoute la guerre civile aux disettes et autres épidémies et surtout à la guerre avec l'Espagne des Habsbourg. Mais justement la fixation des troupes nombreuses aux frontières laisse le champ libre aux révoltes à Paris et dans les provinces !

La Fronde est réputée irracontable. C'est une tornade qui traverse la France : il faudrait être Eole. Une tragédie de l'honneur et du panache : il faudrait être Corneille. Un roman héroïque : et là, il faut être une femme. Ce sont les femmes, en effet, qui portent à l'époque ce genre littéraire et voilà que les circonstances leur permettent de le mettre en pratique ! Temps béni pour une poignée de fortes personnalités, qu'à tort ou à raison, les hommes qualifient d'intrigantes ou d'amazones.

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