Friedrich Hayek à la London School of Economics and Political Science en 1981
Friedrich Hayek à la London School of Economics and Political Science en 1981 © cc / LSE Library

En 1944, son livre, La route de la servitude avait produit un grand effet. Il l’avait dédié ironiquement aux socialistes de tous les partis : selon lui, il y avait à droite comme à gauche des naïfs qui ne voyaient pas que l’extension des fonctions de l’état amenait inévitablement à la coercition des individus et à la dégradation de l’efficacité.

Dans les années 1950 et 1960, il avait continué à travailler à la défense et illustration d’un libéralisme qui, préservé de toute composition avec le socialisme, garderait son tranchant, retrouverait son état pur. Mais l’époque lui était peu favorable : elle était portée par la croissance et vouée à la redistribution.

Au milieu des années 1970, changement de pied. Commence dans les pays développés une crise qui, d’abord économique, remet peu à peu tout en question. Hayek, nobélisé, est davantage entendu. Thatcher qui admirait depuis longtemps La route de la servitude , le rencontre pour la première fois en 1975 : tous deux se voueront respect et admiration mutuels.

En France, l’acclimatation de l’œuvre sera tardive, elle est largement faite aujourd’hui. Nous parlons tous un peu le Hayek sans le savoir. Par exemple quand nous notons que l’état n’assure plus, en matière de justice sociale ou d’égalité des chances, le rôle qu’il continue de revendiquer. Idem quand nous nous demandons s’il ne faudrait pas d’abord retenir ce qui est efficace. Et quand nous nous affolons de la corruption grandissante des « élites », nous entendons la voix de Hayek nous recommander leur renouvellement constant : « Laisseriez-vous longtemps au chat la garde du pot de crème ? »

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