Georges Bernanos vers 1940
Georges Bernanos vers 1940 © domaine public

« Le bon Dieu ne m’a pas mis une plume entre les mains pour rigoler », disait-il. En conséquence, son écriture ne supportait ni la comédie ni même la douceur. « Je ne suis pas un professeur d’ironie » , ajoutait-il. Cette franchise s’accompagnait de la solitude. « Sous le soleil de Satan » en 1926, « Le journal d’un curé de campagne » plus encore, en 1936, furent des succès mais au lieu de faire négoce de ses romans par toutes sortes de besognes d’accompagnement mondaines et rémunératrices, à chaque fois il échappait à ses admirateurs. Quand il ne les prenait pas à rebrousse-poil.

Cet homme, qui fut pourtant chef d’une famille de quatre enfants qu’il lui fallait nourrir déménagea peut-être une trentaine de fois. Français élevé à quelques kilomètres d’Azincourt et tout frémissant d’un patriotisme ardent, il choisit l’éloignement dès 1934. Il est des moments où il ne faut plus rester au niveau de la mangeoire, il faut monter ! L’expérience de la France libre à laquelle il adhéra depuis le Brésil le rechargea dans sa vision de l’honneur mais, au retour, il n’était guère optimiste sur la société qui allait se mettre en place !

Bernanos est mort prématurément à soixante ans, en 1948. On se demande parfois si nous ne sommes pas parvenus au point où il craignait que nous arrivions. L’homme consommateur, prévenait-il, est tout occupé à courir derrière sa fortune et sa sécurité, il ne demandera au fond qu’à renier des libertés dont il ne veut plus courir le risque.

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