Depuis une soixantaine d’années, les archéologues s’intéressent beaucoup plus aux sols et aux os. Les possibilités de datation ont beaucoup progressé. Cette nouvelle école archéologique tient aussi au travail qu’elle poursuit sur les gestes funéraires. C’est une archéologie des rites.

Sépulture prénéolithique de l’abri d’Araguina-Senola à Bonifacio (Corse), détail de la tête (fouilles F. de Lanfranchi, M.-C. Weiss et H. Duday, ).  Copyright : Radio France
Sépulture prénéolithique de l’abri d’Araguina-Senola à Bonifacio (Corse), détail de la tête (fouilles F. de Lanfranchi, M.-C. Weiss et H. Duday, ). Copyright : Radio France © © F. de Lanfranchi

► Série " les rites funéraires "

C’est depuis le XVIIe siècle, la découverte impromptue du tombeau du roi Childéric, qu’on fait de l’archéologie funéraire. 

Longtemps, on ne s’intéressa qu’au mobilier et aux objets que contenaient les tombes. Les os passaient à l’as. 

L’archéologie est tissée de regrets : il faudrait remettre sur le métier tout le travail des prédécesseurs. 

Il arrive, aujourd’hui encore, qu’on remette des fouilles et leur interprétation dans l’attente de nouvelles techniques.

Un os, même de petite taille, peut être daté très précisément et l’ADN être retiré de la cavité d’une dent et reconstitué avec des résultats certains.

L’intérêt de cette nouvelle école archéologique tient aussi et peut-être surtout au travail qu’elle poursuit sur les gestes funéraires. 

C’est une archéologie des rites.

Il est cependant encore difficile de dater les moments où, dans les différents espaces du monde, furent installées les premières sépultures. Et, d’ailleurs, qu’est-ce qu’une sépulture ? On ne parvient pas toujours à définir le mot.

Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas de sépulture sans funérailles. Qu’est-ce que l’archéologie peut nous apprendre de leur déroulement ? 

Les sépultures peuvent être très différentes. Elles sont soit individuelles soit collectives. En Europe, la crémation devient massive à l’âge du Bronze, se perpétue jusqu’aux IV-Ve siècles pour ne réapparaître vraiment qu’au XXe. Le christianisme a en effet modifié beaucoup de traditions mais lentement et ce n’est pas d’un coup que tout change après son affaissement.

L’archéo-thanatologie - telle que l’a enseignée Henri Duday à de multiples disciples -  progresse, elle, à pas rapides. Si elle attire tant, c’est  qu’elle met face à face la société des vivants et celle des morts.

Bibliographie

Sites Internet

Extraits

  • Chanson : L'homme fossile, de Serge Reggiani
  • Lecture : Extrait de L'Enfer, de Henri Barbusse.
Les invités
  • Henri DudayAnthropologue - Directeur de recherches au CNRS
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