Chaîne humaine en Catalogne
Chaîne humaine en Catalogne © reuters

Dès avant les élections d’hier, la mémoire catalane s’était cristallisée de manière accélérée depuis quelques années.

Une des explications en est à chercher, bien sûr, dans les ressorts propres de la vie catalane mais une autre tient à l’érosion du système politique espagnol. Tout comme chez nous, les repères institutionnels s’y dégradent, la droite et la gauche s’y fragmentent. Menacé par cette dilution, le pouvoir autonome de Barcelone, la Generalitat, a mis sur la table la carte de l’indépendance pour rester dans la partie.

La bataille pour la langue étant déjà largement gagnée, la campagne s’est largement jouée sur la comparaison des avantages et des inconvénients économiques qui découlent de l’appartenance à l’Espagne. Celle-ci est un état d’autonomies, une nation de nations mais qui redistribue les richesses sans accorder à Barcelone- qui en produit beaucoup -les privilèges qu’elle souhaiterait. Or les catalans, faute d’avoir pu construire l’Espagne à leur image, se rêvent en petit pays riche.

Jusqu’ici, la séparation était simplement une utopie qu’ils gardaient à leur disposition pour le débat qu’ils concevaient encore dans le cadre de la Constitution. Mais le vote d’hier entame l’équivalent d’une procédure de divorce. Ce qui n’était qu’un horizon d’attente prend soudain une forme juridique. L’issue est incertaine mais ce qui est sûr, c’est que le ressassement des griefs du passé va jouer un grand rôle dans le long combat qui commence.

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