Combats lors de la Libération de Lyon en 1944
Combats lors de la Libération de Lyon en 1944 © National Archives and Records Administration

La géographie, ça sert pour faire la guerre. Marc Ferro s’est éloigné de la capitale, où sa mère finira par être arrêtée et déportée, et a rejoint Grenoble. La ville est en zone dite libre puis, en novembre 1943, occupée, mais par les Italiens, qui ont la réputation d’être moins répressifs que les Allemands. Le jeune homme fréquente les cours de l’incomparable Raoul Blanchard.

L’Institut de géographie alpine que celui-ci a fondé à la Faculté n’a nulle existence officielle, il n’est pas habité par le respect des conventions académiques mais par un esprit pionnier- ce qu’on retrouvera constamment dans le travail futur de Ferro. En d’autres temps, Blanchard aurait emmené ses étudiants en excursion dans les massifs proches de Grenoble. Mais, début juillet 1944, Marc, 19 ans, entreprend une autre expédition. Ses activités de résistant, trop visibles, l’ont surexposé. Mieux vaut pour lui partir pour le Vercors que le plan « Montagnard » a depuis longtemps destiné à être une forteresse de la Résistance, au flanc des Alliés lesquels ne doivent pas tarder à débarquer en Méditerranée. Dans sa musette, avant de combattre in situ, il emporte un exemplaire du maître- livre de la profession, le Traité de géographie physique du grand Emmanuel de Martonne.

La géographie, ça sert à faire la guerre.

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