Aujourd’hui, le mot d’ordre est la préservation de la biodiversité des rivières. Elisée Reclus écrivait : « J’opère des cataclysmes dans une peuplade imperceptible lorsque je grimpe sur un arbre pour balancer mes jambes au-dessus du ruisseau. »

La rivière Dronne à Brantôme
La rivière Dronne à Brantôme © Getty / Garden Photo World/David C Phillips

« Les rivières, elles aussi, ont une histoire », disait le grand géographe libertaire Elisée Reclus.

Il avait vécu son enfance les pieds dans l’eau de la Dordogne. La Dronne est un sous-affluent de celle-ci. Elle naît au Sud du Parc naturel Périgord-Limousin. Très vive au départ, elle s’élargit ensuite dans les plaines qu’elle fertilise. Son cours est de 200 kilomètres. La meunerie de la région, ses papeteries, son industrie du feutre lui doivent beaucoup : on se souvient peut-être  que la pantoufle charentaise était largement fabriquée dans le département de la Dordogne…

La Dronne, une ressource de moules perlières

Aujourd’hui, le mot d’ordre est la préservation de la biodiversité des rivières. Reclus écrivait : « J’opère des cataclysmes dans une peuplade imperceptible lorsque je grimpe sur un arbre pour balancer mes jambes au-dessus du ruisseau. » Or la Dronne est le dernier refuge significatif pour la moule perlière, margaritifera margaritifera… On se souvient peut-être que Marie de Médicis, au début du XVIIème, arborait une robe ornée de 32 000 perles issues des rivières européennes alors que la margaritifera margaritifera ne produit qu’une fois sur mille une perle de nacre utilisable. Et, depuis 100 ans, 99 % des moules perlières ont disparu. La réserve de la Dronne est donc jugée inestimable.

Les mesures humaines pour sa préservation

Les œufs de la moule ne pouvant être fécondés qu’à l’abri de la truite fario, il a été décidé d’assurer, toutes affaires cessantes, sa libre circulation. Une vingtaine de barrages accompagnant les moulins lui font obstacle et retiennent des eaux stagnantes ? Adieu barrages…

Mais les traces de l’effort humain doivent-elles disparaître de l’histoire des rivières ?

Et les moulins n’ont-ils pas eux aussi un rôle écologique puisqu’ils peuvent produire de l’énergie électrique ?

Le débat court le long de la Dronne mais il concerne aussi bien d’autres rivières où la renaturation est présentée, je cite un document lu au bord de la Corrèze, à Tulle, comme une « exigence environnementale, sociale et sociétale ».

Pour aller plus loin

Site du CPIE, artisans du changement environnemental

Site du Parc Naturel régional du Périgord-Limousin

Fédération des Moulins de France

Réserve de biosphère du bassin de la Dordogne

Le film "Ma vie de moule perlière" réalisé par les enfants de l'école de Sauvessanges avec l'aide du parc naturel régional Livradois-Forez

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