La Troisième République a beaucoup aimé l’opéra-comique comme l’opérette. Charles Lecocq en a incarné la première période. Dans les décennies suivantes, le succès perdura.

Affiche de l'opéra-comique La Fille de Madame Angot de Charles Lecoq
Affiche de l'opéra-comique La Fille de Madame Angot de Charles Lecoq © Getty / Transcendental Graphics

Semaine spéciale « L’Opéra s’amuse »

Le pâtissier Lenôtre va créer un gâteau nommé opéra-comique qui aura, paraît-il, la forme d’un sein : le sein de Marianne. Et c’est justice. La Troisième République a en effet beaucoup aimé l’opéra-comique comme l’opérette. Charles Lecocq en a incarné la première période : le jour, des hommes en noir un peu sévères siégeaient dans les Chambres ; le soir on s’amusait en tout bien tout honneur avec la chaste « Fille de Madame Angot ». Dans les décennies suivantes, le succès perdura. L’élégance l’emporta avec André Messager ou Reynaldo Hahn ou bien ce fut la joyeuseté : quand la jeune héroïne de Maurice Yvain ne voulait pas être embrassée sur la bouche, chacun l’entendait comme il voulait mais certains comprenaient qu’elle refusait aussi que sa bouche devint ce que la morale catholique nommait un « vase illégitime ». Comprenne qui pourra. L’opérette d’avant-guerre, genre d’essence lyrique, était un édifice de subtilité qui reposait sur un sous-texte sophistiqué.

C’est à la même époque que la France inventa le music-hall tandis que les États-Unis mettaient au point la comédie musicale. Deux genres encore plus consommateurs d’effets de masse. Un producteur français importa ici les produits finis ou les caractéristiques principales de la comédie musicale. C’est Maurice Lehmann, qu’on a entendu en exergue. L’opérette dont il parle, ce n’est plus celle de Maurice Yvain. C’est un grand spectacle qui doit impressionner autant qu’amuser. Son temple pour trente ans devient le Châtelet, un duo y garantit le succès: Francis Lopez-Luis Mariano.

Ce système longtemps producteur de recettes est un colosse aux pieds d’argile. Quand apparaissent le rock, le yéyé, la pop, il paraît soudain caduc. Son public est maintenant connoté vieillissant, provincial, pire : populaire.

Le renouveau de l’opérette doit maintenant recourir à des sources plus anciennes que ce passé immédiat.

Programmation musicale :

"Véronique" d'André Messager interprété par Willy Clément et Liliane Berton (1952)

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