Allégorie de Floréal - par Louis Lafitte - vers 1794
Allégorie de Floréal - par Louis Lafitte - vers 1794 © domaine public / Sinebrychoffin taidemuseo

Parmi les nombreuses vertus qu’affichait le calendrier révolutionnaire imposé par la Convention, l’an II de la République en 1793, il en est une qui prend un relief particulier aujourd’hui. Le système mis au point voulant éliminer toutes les bizarreries de l’ancien style, les mois se retrouvaient tous dotés de trente jours, ils étaient citoyens à parts égales et février se félicitait de ne plus être plus opprimé par ces messieurs de janvier et de mars !

Pareillement, le mois se divisait en trois décades de dix jours. Fort bien, le mètre qu’on mettait aussi en place de divisait de la même façon en décimètres. Mais il y avait une difficulté : le décadi remplaçait le dimanche. Quel jour devrait-il être chômé, seulement le décadi ? Et quel jour placer la messe, seulement le dimanche ? La bataille du calendrier fut très âpre parce qu’elle se confondit avec la grande campagne d’éradication du catholicisme. Transformation des églises en maisons nationales, fonte des cloches, déchristianisation du nom des communes… Sans doute la patrie était-elle en danger mais le plus immédiat, c’était que chacun vivait dans son horizon proche et beaucoup se trouvaient blessés par ces bouleversements.

Le respect du calendrier républicain se délita vite. Bonaparte lui porta le coup de grâce, après à peine treize ans d’usage orageux.

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